Je suis allée voir récemment quelques comédies que l'on pourrait qualifier de navets, ou de films « faciles » selon que l'on est plus ou moins bon public.
Le genre de films dont on ressort avec un petit sourire mais qui ne laisse aucune impression particulière, n'est pas sujet à discussion et que l'on oublie rapidement.
Néanmoins, le dernier, « première étoile », me fait réfléchir sur autre chose : le pouvoir de l'image, ou comment rendre sympathique un personnage qui ne le serait pas du tout dans la réalité.
Pour ceux (nombreux) qui ne l'ont pas vu :
Le père de famille, antillais, ne travaille pas.
Quand il trouve un petit boulot, il le sabote dès le premier jour et se fait virer.
Il joue tout l'argent qu'il n'a pas aux courses, et boit à crédit quand il perd (à chaque fois).
Il oublie ses enfants à l'école ou ailleurs, et réalise une fois qu'il est trop tard. Pendant ce temps, on voit le gamin scruter l'horizon, cartable au dos, larme à l'œil, devant l'école.
Il n'appelle sa mère que pour lui demander un service.
Il dort beaucoup.
Il fait des promesses qu'il ne peut pas tenir.
Il trahit la confiance de ses amis.
Pendant ce temps, la mère, fâchée avec ses parents car elle a épousé un noir « bon à rien » de surcroît, travaille comme une damnée, enchaînant boulot à plein temps, ménages et plans débrouille pour nourrir ses 3 enfants.
Pas très flatteur comme portrait.
Vous seriez des voisins, le père de l'épouse, la directrice de l'école, l'employeur, vous le détesteriez sans doute.
Et pourtant, et c'est là que c'est magique, au cinéma, ce personnage est un amour !
On l'adore, on le soutient, on le comprend, on s'inquiète pour lui.
N'est-ce pas formidable ?
Nous sommes donc facilement manipulables, et ça fait peur…
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