Oui.
Et à la fin, je n'étais pas fière.
Mais quand on est dans le feu de l'action on ne s'en rend pas toujours compte.
J'ai acheté des légumes pour faire de la soupe. Oui, parfaitement !
D'habitude, j'achète plutôt des soupes carrées, mais cette fois je me sentais inspirée par toutes ces couleurs et toutes ces formes engageantes.
Carottes, épinards, courgettes, pommes de terreet champignons de Paris.
Oh en voilà d'autres, et ceux-ci sont plus gros et moins chers. Allez, je change.
Une fois à la caisse de Monop', on me les pèse au prix des champignons de Paris « classiques ». Alors que moi, j'ai pris des « à farcir » justement parce qu'ils étaient moins chers.
Hum. Je me racle la gorge. Et je commence mon numéro…
« Exxxxxcusez moi…. Mais ce ne sont pas des champignons de Paris, ce sont des champignons de Paris A FARCIR, ils sont moins chers. »
« Ah, ok ok ok. Une chieuse, c'est normal c'est samedi », se dit la caissière.
Mais comme on a tous des problèmes de pouvoir d'achat, et elle sûrement plus que moi, elle reste charmante jusqu'au bout.
Elle appelle d'abord sa responsable, qui avec sa carte magique annule mes champignons pas magiques. Et hop !
Puis la gentille caissière cherche sur son tourniquet miniature le code des champignons à farcir. Et bien sûr, y'a pas !
Comme la responsable n'est pas loin, elle la rappelle.
« Hum, tu pourrais me donner le code ? »
Et la responsable court vers son repaire, derrière une porte secrète. Et revient, avec le dépliant de tous les codes méga secrets.
« 48 60 », qu'elle lui lance avec ce qui pourrait ressembler à de la condescendance, style « moi J'AI les codes, et pas toi, petit scarabée ».
Ma caissière s'empresse de taper le code salvateur, lançant un petit sourire gêné à la queue qui s'amoncèle grassement derrière moi.
A mon tour, je leur fais un petit signe de désolitude profonde. Mais bon, voilà, j'y suis, j'y reste !
Et puis j'ai fait exprès de prendre ceux là parce qu'ils sont moins chers, je ne vais pas reculer maintenant.
J'avoue, quand on me compte les tomates en grappe au prix des tomates de base, je ne dis rien. Mais ils n'avaient qu'à pas se tromper, NA.
Et vous savez quoi ? Le code ne fonctionne pas !!!
Le sourire gêné se transforme en désarroi. Elle baisse les bras. Elle ne sait plus quoi dire.
La responsable est là aussi, coîte, interdite, bouche bée.
Mais comment va-t-on-faire ?????
Ça fait au moins 5 minutes que ça dure cette histoire….
Je leur offre la porte de sortie, un truc qu'en temps normal ils ne font jamais. Du bricolage, du système D…
« Vous n'avez qu'à enlever quelques champignons du sac, le peser au prix des champignons normaux et voilà on est quittes ».
Ouf ! Elle me fait ça à toute vitesse et je me retrouve dehors avec mon caddie de ménagère, ayant parfaitement réussi à embêter tout le monde pour……je regarde mon ticket…..51 centimes !
J'ai honte…
Mais ça passe vite ! D'ailleurs ma soupe était délicieuse.
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