OBAMA
Je tiens tout d'abord à souligner l'acte de bravoure de Direct Matin de ce matin qui, en couverture, n'a mis ni Barak, ni un syndicaliste barbu, mais Jack Lang !!!
Barak n'arrive qu'en page 16.
Avant tout ça, il y a environ 1 an et demi, nous discutions de maisons avec mon cher et tendre.
« Elle est pas mal cette baraque ».
Et là, la petiote, 5 ans et demi, nous répond « Baraque, baraque, Barak Obama ? »
Nous, stupéfaits : « Mais où as tu entendu ça ma chérie » ?
« Heu, je sais pas… »
C'était déjà subliminal à l'époque.
Aujourd'hui, si un bébé prononce « BARAK » avant « maman », ça ne m'étonnera pas, tellement on en parle. Et c'est normal, c'est un événement.
On assiste d'ailleurs à un nombre impressionnant de nouveaux nés Kenyans baptisés Barak.
Néanmoins, en tant que blanche, je trouve un peu limite tout ce que l'on dit sur sa couleur.
Primo, il est métis, pas noir noir (Muriel Robin).
Deuxio, les jeux de mots douteux du noir à la maison blanche sont douteux.
Tertio, est ce qu'on n'en fait pas un peu trop là dessus ?
A la fin, on pourrait presque croire qu'il est là uniquement en tant que symbole, parce qu'il est noir, et pas parce que c'est le meilleur.
Plus personne ne parle de ses qualités sans en rajouter une couche sur sa « négritude ». C'est limite vexant non ?
En Afrique aussi il y a des présidents noirs ! (oui, je sais, c'est pas drôle…)
Si c'était une femme, on aurait fait la même chose sur sa « différence » et l'incroyable nouvelle que des gens civilisés puissent voter en masse pour une femme/un noir ?
On essaye d'éliminer la discrimination, mais on ne parle que de ça.
Et s'il se plante, ce sera parce qu'il était noir tant que vous y êtes ?
Allez, arrêtons d'en parler et remercions simplement le cinéma américain qui en a déjà mis plusieurs en scène histoire d'habituer les réfractaires.
Je reprends pour finir les mots satyriques d'un chroniqueur de France Info ce matin :
Le monde entier a les yeux rivés sur lui, il a un travail titanesque devant lui, pas de doute, c'est bien un sale boulot pour un noir !
Ici, vous pourrez retrouver les grands chantiers qui l'attendent.
Bon courage Barak, casse la baraque ! (il est de moi mais n'est pas drôle non plus…) |