Je ne peux pas dire que j'apprécie toutes les surprises.
Les très grosses surprises me chamboulent trop (quoique, gagner au loto, pourquoi pas, encore faudrait-il que je joue. Et gagner sans avoir joué me surprendrait encore plus !).
Les mauvaises surprises me font peur.
Mais les bonnes surprises sans conséquences, j'adore !
Depuis que je travaille dans ma nouvelle entreprise, j'ai des petites surprises bien agréables chaque jour.
- Le premier jour, rien de spécial (alors que pourtant, un 1er avril…). Mais un premier jour est aussi toujours une surprise en soi… Agréable surprise quand-même de découvrir ses nouveaux collègues, des gens intelligents et agréables.
- Le deuxième jour, alors que nous étions en réunion, une collègue terminant un entretien rentre dans la salle afin que son interlocuteur récupère son manteau, laissé dans cette salle en arrivant. Je le regarde. Je le connais. C'est un ami !
Pas habillé comme ça, pas ici, donc mon cerveau ramolli met quelques secondes de plus que nécessaire à donner l'ordre à ma bouche de prononcer son prénom, mais il fait la même tête étonnée que moi, donc nous embrassons chaleureusement devant l'air encore plus étonné de mes collègues, persuadés à présent que je connais la moitié des habitants de la région parisienne !
- Ma surprise du 3ème jour me fait beaucoup penser au sketch de Bigard sur les chauves souris enragées. Si vous le connaissez, vous comprenez. Sinon, ben tant pis je ne vais pas vous le faire là tout de suite. Il est là.
Le troisième jour, donc, en ouvrant la porte de l'entreprise sur le palier de l'immeuble, pour aller déjeuner avec des amis, j'ai l'originale surprise de trouver une mésange (oui, l'oiseau bleu au ventre jaune) sur le paillasson. Bien sûr qu'elle est vivante ! Elle me fixe avec ses petits yeux noirs. Que faire ?
L'attraper ? Hum… Je ne m'appelle pas Peter Pan…
La faire rentrer dans l'entreprise afin de la faire ensuite sortir par une fenêtre ?
Oui, c'est scabreux, et si elle fait caca sur mon clavier d'ordi ça va m'énerver. Quand j'étais ado j'avais un canari que je lachais dans l'appartement régulièrement. Quand j'oubliais de le rentrer il se perchait sur le téléphone ou un tableau au dessus du canapé et je vous laisse imaginer la suite.
Bref, que faire… ?
Je ferme la porte, j'appelle ceux qui sont dans les parages, et j'imagine que j'ai peut-être halluciné.
J'ouvre tout doucement, elle est toujours là !
Mais comment est-elle arrivée là ???
Une prouesse. Je suppose qu'elle n'a pas pris l'ascenseur. Je vais donc la faire descendre par l'escalier, ou plutôt LES escaliers car il y a un décrochage intermédiaire.
Docile, elle sautille à quelques marches devant moi. Elle vole parfois quand elle voit le bout de mes bottes de trop près. Elle m'attend sur le palier suivant. L'entreprise est risquée car elle peut très bien décider de remonter. Mais elle est sympa, elle descend. Il faut dire que je lui parle beaucoup et je lui explique le chemin.
Le changement d'escalier se passe sans problème. Me voilà en bas. Elle est sauvée, je suis toute contente de ma B.A. du jour !
Mais non, j'avais oublié le sas automatique. Dès que je m'en approche, les portes s'ouvrent avec un chuintement qui la fait fuir de l'autre côté du hall monumental. Comment faire ?
Je la coince contre un pot de fleurs. A ce moment un homme descend. Il me voit dans ma curieuse posture, et je l'interpelle de suite : « monsieur, pouvez-vous m'aider ? Je veux sauver une mésange ». Il a souri gentiment, mais il m'a prise pour une timbrée, une Brigitte Bardot des piafs, une mini greenpeace… Heureusement, la mésange s'est envolée, ce qui a prouvé que je n'étais qu'une demi folle. Au lieu de rester devant la porte du sas pour qu'elle reste ouverte, il s'est tiré !!!
J'ai quand même eu le temps d'agiter mon manteau vivement et la mésange est passée juste avant que les portes ne se referment derrière elle. Cool !
Elle s'est ensuite scotchée contre la vitre de la 2ème porte, Zorro est arrivé avec sa cape rouge pour la rediriger (oui, c'est moi) et zou, elle a repris son envol, vers le joli ciel bleu parisien.
Chouette !!!
C'est rien, mais ça a égayé ma journée.
Evidemment, quand je suis arrivée un peu en retard à mon dej et que j'ai expliqué que c'était parce que j'avais sauvé une mésange, mes cop's m'ont regardée comme si j'avais fumé… Mais j'ai l'habitude…(pas de fumer, de passer pour folle)
Puis, le soir, en partant, j'ouvre la porte, et je trouve…. 10 centimes d'euros (que je m'engage à reverser intégralement à mes enfants une fois que j'aurai réussi à couper cette satanée pièce en 2).
Il est surprenant quand même ce paillasson !
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