C'est dans "Challenge" N°71.
http://www.challenges.fr/france/chall_1000001.html
Je vous laisse apprécier...
L'article attaché est un peu long mais je viens de le trouver sur le site du journal donc je vous le livre ici car il me parait objectif. Il permet d'aller au delà des grandes oreilles de Bayrou, de la petite taille de Sarko et des gaffes de Ségo. Il parle d'économie et de croissance.
C’est l’offre qui tirera la croissance par Ivan Best
Conjoncture : Les économistes doutent d’une relance par la demande.
Challenges.fr | 15.03.2007
Gagner un point de croissance pour atteindre le Graal des 3 %. L’objectif a été encore débattu le 6 mars par le gouvernement, qui avait réuni la commission économique de la nation. Qui de François Bayrou, Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy aidera le plus l’économie française à retrouver un rythme d’expansion soutenu, autorisant baisse du chômage et distribution de pouvoir d’achat ? A rebours du discours politique dominant, les économistes ne croient pas à un retour de la croissance plus forte via une politique de la demande. « C’est totalement inutile », estime Eric Chaney, responsable des études pour l’Europe chez Morgan Stanley. Même ses collègues, plus keynésiens, abondent en ce sens. « Depuis trente ans, la relance par la demande est de moins en moins efficace, si elle est conçue à l’échelle française, affirme Anton Brender, responsable des études économiques de Dexia Asset Management. Cela soutient les importations et profite ainsi, au moins pour moitié, à nos voisins. Le seul cadre envisageable pour la relance, c’est l’Europe. » Directeur du département analyse et prévision du très keynésien Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), Xavier Timbeau admet que « vouloir soutenir la croissance en dopant la demande paraît vain, au seul niveau de la France ».
Plusieurs champs d’action C’est donc du côté de l’offre, c’est-à-dire de la production, qu’il faut agir. Objectif : renforcer la croissance potentielle, à savoir le niveau de croissance atteignable sans tensions inflationnistes. Une action qui s’inscrit nécessairement dans le long terme, ce qui rend la tâche difficile pour les hommes politiques. Pourtant, les trois principaux candidats ont pris conscience de la perte de compétitivité de l’économie française. En témoigne leur insistance commune sur l’investissement dans l’innovation. On ne peut toutefois pas réduire une politique de croissance à cette seule dimension. Directeur des études économiques de Natixis, Patrick Artus distingue plusieurs champs d’action, qui vont de la politique des revenus aux finances publiques et à la réforme de l’Etat – une fonction publique plus efficace est moins coûteuse et nécessite moins de prélèvements –, en passant par l’effort en faveur des entreprises, notamment les PME. Tous les candidats affirment vouloir augmenter les moyens de la recherche, mais seul Nicolas Sarkozy annonce sa réforme. D’où le double + qui lui est octroyé sur ce point, contre un seul à ses adversaires. S’agissant de l’emploi, la flexibilité défendue par le candidat Sarkozy agira plus favorablement sur la croissance que l’extension des 35 heures promise par le PS. François Bayrou est bien noté pour s’être prononcé clairement en faveur de la « TVA sociale », consistant à financer des baisses de cotisations sociales par une hausse de la TVA. Une stratégie qui permet d’abaisser le coût du travail, donc d’améliorer la capacité d’embauche. A l’inverse, la promesse socialiste de rehausser le smic renchérira le coût du travail. Au-delà de la croissance La réforme des retraites, gage de redressement des finances publiques et réductrice d’incertitude, serait plus volontaire chez Sarkozy. Quant à la déréglementation de certains marchés voulue par le candidat UMP, elle aurait un effet vertueux sur les prix, d’où, là aussi, un impact positif sur la croissance. Enfin, seul François Bayrou affiche un engagement en faveur des PME, ce qui explique sa note supérieure au chapitre « entreprises ». Reste que la croissance ne peut être le seul objectif d’une politique. « L’Europe n’a pas la capacité de régulation macroéconomique des Etats-Unis, souligne Xavier Timbeau. D’où la nécessité d’un filet de protection sociale plus important. »
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