| jeudi 06 juillet 2006, a 23:46 |
| Accoucher avec ou sans péridurale ? |
( Photo : accouchement dans l'eau. Wharff wharff wharfff)
Dans la lignée de mes articles "j'hésite" et surtout parceque je n'ai pas le temps d'écrire de nouveaux sujets ces temps ci....
J'ai fait les deux donc je peux en parler !
Tout d'abord excluons les femmes jalouses, grand-mères, mères, tantes, et belle-mères qui n'en ont pas bénéficié et démontrent que c'est mauvais par le simple fait que tous les mammifères femelles ont toujours accouché depuis la nuit des temps sans anesthésie. Et qu'elles n'en sont pas (toutes) mortes. Certes, mais parlons en des mammifères, elles n'ont pas de col sur l'utérus, puisqu'elles ne sont pas debout comme nous les femmes, et n'ont donc pas à lutter contre la pesanteur. Les contractions sont donc moins pénibles…
Et puis je ne veux pas entendre non plus d'arguments sur la nouveauté du procédé et ses risques mal maîtrisés. A ce moment là, pas d'anesthésie non plus pour l'appendicite ou, voire, la césarienne ! Un pétard, des boule Quiès et zou au boulot…
Non, rien de tout ça. Juste des constatations claires et objectives.
Mon deuxième accouchement, sans, ne l'a pas été volontairement, donc la conclusion de cet article est évidente, je suis pour ! Néanmoins, mon mari a trouvé des avantages à cette méthode « naturelle ». Et moi aussi un tout petit peu….
J'ai également compris le véritable sens des mots « cours d'accouchement sans douleur », auxquels toute nullipare valide se précipite afin d'y entendre conseils et paroles rassurantes. Je croyais au début que ces cours nous apprenaient à ne pas avoir mal, c'est tout le contraire, ils nous apprennent à pousser correctement alors qu'on n'a pas mal et qu'on ne sent rien ! Nuance. Quand on a mal, je vous assure qu'on pousse sans problème, et sans avoir appris quoi que ce soit. C'est totalement instinctif comme de respirer.
Commençons par Avec péridurale. Je ne parle que des cas où cette dernière a marché. Bien évidemment, la péridurale mal faite n'a aucun intérêt pour personne.
Il y a la piqûre dans la colonne vertébrale avec cette énorme seringue qu'on ne voit jamais mais dont on parle beaucoup. Le papa, s'il assiste, est prié de sortir à ce moment là et la taille de la seringue grandit au fur et à mesure qu'elle traverse les imaginaires. En fait elle n'est pas si grande que ça, et franchement, on a tellement mal qu'on pourrait nous faire n'importe quoi avec la promesse de ne plus avoir mal après. Bien sûr il a fallu au préalable aller consulter l'anesthésiste pour être sûre que notre organisme est compatible, faire une prise de sang juste avant pour contrôler les plaquettes, mais ce n'est que formalité plutôt rassurante.
Ensuite, un état cotonneux du bas du corps. Les jambes lourdes. Les contractions visibles sur un bout de papier qui se dévide lentement à côté de notre tête, et l'impression que notre bas ventre se soulève un peu périodiquement, sans douleur mais avec la nette impression que sinon ça serait terrible. Certaines ont eu la chance d'avoir une pompe pour doser elles mêmes la quantité de « non-douleur », mais l'organisme réagit avec du retard et parfois le bébé est déjà né quand la dose maximale les plonge dans un profond coma des jambes…
En général ça dure assez longtemps. Pour ma part, 13h la première fois. Impossible de dormir (oui, c'est statistiquement souvent la nuit, on ne sait pas pourquoi) à cause des différents bip bip et du stress, il faut bien l'avouer. Le monitoring vous fait également entendre le cœur du bébé en direct. Je changeait parfois de position, et mon mari sortait de sa torpeur en sursaut en hurlant « on ne l'entend plus !!! ». Il suffisait que je rebouge dans l'autre sens et il pouvait recommencer sa veille. Fait non négligeable, une sage femme vient généralement toutes les heures contrôler l'état d'ouverture de votre col et vous voyez presque tout son avant-bras disparaître en vous sans rien sentir.
Bref, après quelques heures dans cet état étrange, on décide que c'est le moment. On vous dit de pousser, de ne plus pousser, plus fort, allez courage, on y va ! Parfois le futur père vous tient la nuque, toujours trop ou pas assez fort. Mais pousser quoi, comment ? On ne sent rien… pas facile. « Comme si vous alliez à la selle madame ». Quoi ??? comme ça devant tout le monde ? Pas question ! Vous êtes malades ou quoi ? Alors on pousse plus ou moins mollement. C'est long ! Si le médecin commence à trouver que le bébé se fatigue, là on y va plus franchement, l'instinct de mère reprend le dessous et on se concentre pour appliquer à la lettre ce que l'on a appris au cours dernier.
OUF ! Voilà Bébé. Non pas tout rose et propre mais sanguinolent et plein de cet enduit blanc bizarre. Aucune importance, c'est fini, on le serre sur notre poitrine pendant que la sage femme nous recoud tranquillement.
Personnellement j'ai toujours eu du mal à croire que cette chose de 3 kilos était sortie de moi, même si le miroir que l'on avait disposé en face afin que je puisse suivre les opérations me l'assurait.
Ensuite, les jambes très lourdes et immobiles, pleines de fourmis. Interdiction de se lever pendant 2 heures. Personnellement une fois dans la chambre j'ai quand même rangé mes petites affaires dans les placards, mais je me suis faite engueuler !
Beaucoup d'anecdotes aussi de jeunes mères qui croient pouvoir tenir debout et s'écroulent lamentablement au pied de leur lit parce que leurs jambes ne les ont pas soutenues.
Mais au moins on n'a pas souffert !
Maintenant Sans.
En général ça va plus vite, c'est pour ça d'ailleurs qu'on le fait sans, par manque de temps. Plus rarement par manque d'envie.
En tous cas c'était mon cas.
De la première contraction à 3h30, à l'arrivée à l'hôpital un peu avant 5h, j'ai pu apprécier la force de mes contractions, bien régulières, bien rapprochées comme dans les livres.
J'ai supporté en gémissant doucement ma demi heure sur les sièges en bakélite de la salle d'attente de l'hôpital, en me disant que la libération approchait. Ma petite péridurale, pitié…
Un fois installée, prise de sang faite pour contrôle des plaquettes, monitoring placé, les choses se sont accélérées. J'ai lâché le masque à oxygène qui, j'en ai l'impression, ne servait à rien à part me faire des fourmis dans la tête. Et l'effet euphorisant ? Peut-être quand tout va bien mais pas dans mon cas…
Pendant les 20 minutes suivantes j'ai eu l'impression de n'avoir qu'une énorme contraction, d'être transformée en accent circonflexe sur ma table d'accouchement. Les pieds et les mains accrochés à la table, et les fesses en l'air, comme un hamster à qui on envoie du 220 volts ! Je ne voyais plus, n'entendait presque plus, je ne maîtrisais plus mes hurlements (guturaux-bestiaux, paraît il) ni ma main gauche qui broyait celle de mon mari. La droite s'agrippant tantôt au lit, tantôt dans le vide en recherche d'un quelconque réconfort. Je me souviens avoir hurlé plusieurs fois « je vais mourir !! », et j'y croyais vraiment. J'avais même mal aux oreilles de tant crier. Je n'étais plus qu'un bête. Et dans le bas du corps, je poussais, je poussais. La sage femme me disait de respirer, d'arrêter, de souffler, de faire le petit chien. C'est ça, viens à ma place, essaye donc !
C'est là que j'ai abandonné l'espoir de la péridurale pour cette fois ci.
Je ne croyais quand même pas que ce serait si court. Quand la tête a commencé à sortir, la sage femme a demandé à mon mari comment allait s'appeler ce bébé. Croyant qu'elle cherchait à me distraire et que la question m'était adressée, j'ai hurlé un « ALICE » dont tout le rez-de-chaussée de l'hôpital se souviendra.
C'est moi qui ai ensuite sorti le bébé de mon ventre en le prenant sous les aisselles.
6h05. 3 kilos 700 de bébé posé sur la poitrine.
La douleur s'arrête comme par miracle, instantanément. Mes jambes tremblent à force de s'être crispées mais je les sens. Mon mari a dit une parole maladroite « je suis content que ça se soit bien et vite passé. C'est quand même mieux sans péridurale ! ». Je lui ai pardonné, il ne se rendait pas compte…
Pour ma part, je suis très fière d'avoir survécu à ça, d'y être arrivée.
Pas d'effets secondaires. Pas de mal de dos. Les contractions des 24 heures suivantes me paraissent bien négligeables à côté de ce que j'ai vécu et je les ignore superbement, alors que mes voisines d'étage se bourrent d'anti-douleur.
Moi j'ai vu pire, je suis une dure maintenant. Je peux tout supporter. Je me sens invincible. Et solidaire de toutes les femmes du monde qui ont vécu ça.
Maintenant à vous de juger…
|
|
< Retour
|
| Présentation |  Créé en mars 2006
663 articles
5366 commentaires
Toutes les statistiques plus bas.
¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤
A propos du BEST OF et des POLEMIQUES marquantes ou sanglantes, (si vous ne devez lire que ceux là...), j'ai créé une catégorie spéciale que vous trouverez un peu plus bas dans "mes catégories".
¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤
Bonjour à tous,
J'ai la trentaine entamée, j'habite dans le neuf-deux (Pas à Neuilly...). J'ai 2 petites filles adorables, un mari macho et fier de l'être (mais qui n'aime pas qu'on le dise, bien qu'il ait une catégorie d'articles dédiée), et plusieurs chats cinglés + quelques puces qui vont avec. Passionnée par Internet et la communication, le blog est une évidence pour moi, un défouloir devenu indispensable.
Si certaines choses m'ont fait sourire, m'ont révoltée, fait rire ou pleurer, je les immortaliserai sans hésiter.
A bientôt, donc, chers lecteurs, et ne soyez pas choqués, c'est un espace de liberté !
Je serai ravie de lire et publier vos commentaires. Si ce sont des messages "privés", vous pouvez me le préciser dans le commentaire et je ne le publierai pas, ou m'envoyer un mail en cliquant ci dessous. Mais je préfère l'espace public.
Flo
(un bouton vous permet de voir tous les articles écrits depuis le début : articles précédents. En fin de chaque page ou choix par date)
Ce blog a eu plusieurs noms successifs :
Réactions diverses sur la vie, parfois politiquement incorrect, de tout sur tout sans langue de bois, mon défouloir et le petit dernier...sans filtre.
Envoyer un mail à l'auteur | |
| Newsletter |
|
Pour vous inscrire à la newsletter de ce blog renseignez votre adresse mail :
|
|
|