Vous avez raté les trois premières saisons de Lost ? Vous n'avez pas le temps de vous coltiner les 71 épisodes déjà diffusés, mais vous aimeriez bien comprendre pourquoi tout le monde autour de vous se demande comment Jack et Kate vont quitter l'Île?
Heureusement, la chaîne ABC a pensé à vous et vous propose en 8 minutes 15 (comme le vol Oceanic 815, vous comprendrez plus tard...) un résumé des 53 heures de programme déjà diffusées.
Accrochez-vous, ça va vite... et en plus c'est en anglais !
Pour ma part, je n'en ai regardé que 2 et m'en suis vite détachée. Je me connais, je sais que je pourrais devenir accro, et de ce fait je m'éloigne de toutes les drogues…
Mais 8 minutes, ça va ! Et au moins ça permet de comprendre certaines conversations.
Ce n'est pas de ça dont je vais parler, mais simplement émettre les 2 derniers coups de gueule de l'année, à propos des emballages.
Primo, coup de gueule écologique :
Je ne comprends pas qu'encore aujourd'hui, les vendeurs de jouets, de maquillage ou de nourriture persistent à nous prendre pour des cons et à pourrir la planète.
Oui, c'est sûr, dit comme ça, c'est un peu fort.
Mais avez vous remarqué la taille des emballages par rapport au produit qui se trouve à l'intérieur ?
C'est souvent n'importe quoi !
Et je n'arrive pas à en comprendre la raison, à part du marketing agaçant.
Mes dernières trouvailles : Les bonbons Halls. Une fenêtre dans l'emballage permet de voir 3 paquets, mais la taille du sachet en suggère 5. Le reste, c'est vide, et du plastique en trop.
Et bien sûr, les jouets pour les enfants. L'emballage est parfois 3 fois plus grand que nécessaire. Ils veulent quoi ? Que ça prenne encore plus de place dans les chambres des enfants ? Nous donner l'impression d'un gros jouet alors qu'il est minus ? Sur celui de la photo, l'emballage est 3 fois trop grand, ce n'est quand même pas rien !
Ça m'énerve….
Coup de gueule pratique :
Les bocaux de foie gras.
Ça aussi, c'est un grand mystère pour moi !
Bien qu'à moitié du sud-ouest, je n'ai aimé ça que tardivement, vers 17 ans, bien que très largement sollicitée dès le berceau. Mes filles adorent, même si je ne suis pas sûre qu'elles fassent vraiment la différence entre ça et des rillettes.
Bref…
Depuis donc près de 20 ans, je m'intéresse de près aux emballages de foie gras, y étant directement confrontée, et en général à moitié en transe, la bave aux lèvres, tellement je suis pressée d'en goûter le contenu.
Mis à part les sous-vide, les torchons et les boites de conserves, il reste les bocaux. Et le foie gras en bocaux, ça se mérite. Quelle galère à ouvrir !!!!!!!
Moi qui suis adroite et bricoleuse, j'ai toujours un mal fou. J'imagine les petits vieux, les maladroits, les mal voyants, les peu outillés. Comment font-ils ? OK, ils n'en mangent pas. Mais s'ils en ont envie ? C'est un peu étonnant qu'à notre époque, si on en a les moyens, on soit bloqué par ça. (Enfin, les moyens, les moyens… Je vous donne un tuyau : Chez Lidl il y en a en permanence à 4,99 euro les 125g, mi cuit, et pas mauvais du tout)
Perso, j'ai 2 méthodes, et contrairement à la confiture, ça ne sert à rien de lui taper sur le cul !
1/ Glisser un couteau à huître entre la languette orange et le verre afin de faire levier et de faire rentrer un peu d'air.
Dérives de la méthode : que le couteau ne soit pas assez solide (j'ai déjà cassé 2 couteaux de cuisine, afin de réaliser qu'il fallait un couteau à huître, plus épais, donc plus solide, mais aussi plus dur à rentrer) et que le couteau soit trop solide et la force de son utilisateur trop importante, et qu'on casse le couvercle. Il faut ensuite allez chercher les petits bouts de verre dans le foie gras.
2/ Prendre un pince, une petite tenaille, et tirer sur la languette orange qui dépasse en l'enroulant autour de la pince, de manière à faire rentrer l'air aussi. Ça marche très bien sur les bocaux dont le couverte est retenu par l'armature en métal.
Dérives de la méthodes : Parfois, la languette s'arrache ou se déchire.
Et pour les bocaux où le couvercle, une rondelle en verre épais, est juste posé et retenu par le vide, c'est beaucoup plus délicat. C'est ainsi que, avant hier, j'ai inventé le frisbee foie gras ! Une fois l'air entré dans le pot, le couvercle s'ouvre et le mien est parti avec force s'écraser aux pieds de mon macho (qui ouvrait les huîtres) qui bien sûr m'a engueulée, et j'ai passé 10 bonnes minutes à balayer partout, parce que le frisbee foie gras, quand on ne vise pas bien, ça s'écrase et ça éclate bien ! Il ne faut pas confondre avec le foie gras Boomerang, qui te revient dans la face. Mais je ne sais pas encore faire…
Il y a 10 ans, je suis miraculeusement tombée sur un bocal de foie gras qui comportait une languette orange ingénieuse. Quand on en coupait le bout avec des ciseaux, il y avait un trou au centre qui faisait rentrer l'air dedans et hop, Sésame ouvre toi. A la limite du magique. Depuis, jamais revu cette trouvaille.
Comment se fait-il que rien ne bouge dans ce domaine ? Que personne ne soit foutu d'inventer un truc pour faciliter la chose ? Les systèmes d'ouverture ont presque tous évolué en 20 ans, mais là, rien. Et en attendant, combien de frustrés ? Combien de coupures ? Combien de dépressions ?
Alors ça y est, miss France 2008 va être destituée.
Vous n'avez pas entendu parler de cette affaire ? On aurait retrouvé des photos suggestives prises il y a 3 ans. Entrevue les publie. Du coup, Geneviève réalise que sa miss « a une tête de cochonne ». Nous, on l'avait vu dès le début. Les clin d'œil (heu, ça se met au pluriel ?), les sourires en coin, le déhanchement sexy,mais c'est aussi ce qui faisait son charme et la distinguait de certaines insipides ou trop lisses représentantes.
Bref… ça ne se fait pas. Donc elle partira. Mince, elle avait l'air pourtant sympa.
Ce qui m'étonne, c'est que le comité doit se réunir pour savoir qui prendra sa place. Ah bon ? Ce n'est pas sa première Dauphine ? Ce n'est pas automatique ? Alors à quoi ça sert d'être 1ère Dauphine ?
Dans le même temps, c'est Laure Manaudou que l'on voit sur le net. A poil mais sans poil, tatouée, tête de méga cochonne aussi, poses plus que suggestives (voire franchement dégueu) et un petit parfum de Paris Hilton flotte au dessus du grand bassin.
Ne cherchez pas, les photos ne se trouvent pas à la une de France Soir, ni sur Google image, elles s'échangent plutôt par mail. Elles ne sont pas jolies. On se doute que l'ex petit ami déchu les a balancées par vengeance, mais rien n'est officiel.
Je pensais au début qu'elles étaient truquées, mais les médias relaient l'événement qui semble donc bien réel, on reconnaît également son tatouage et sa silhouette. Le pire, c'est que la plupart des photos ont été prises par Laure elle même ! On voit son bras tendu. Un jeu, donc, entre elle et son boy friend du moment. Un jeu que n'importe quelle fille pourrait jouer un jour, par amour, dans un moment d'excitation ou d'égarement, sans penser aux conséquences possibles.
Quelle tristesse de chercher à salir ainsi une de nos plus grandes sportives… Comme s'il n'y avait pas assez avec le dopage ou les coups de boule intempestifs.
Notre président et Carla, à côté, c'est de la gnognotte !
Récemment, j'ai reçu un commentaire d'un fonctionnaire fâché par les blagues à répétition anti-fonctionnaire, les quolibets dont il est la cible, et l'idée trop répandue qu'ils ne foutent rien (les grèves n'arrangent pas leur réputation).
Alors je vais mettre mon grain de sel là dedans.
En effet cher commentateur fonctionnaire, en effet mes cop's fonctionnaires, en effet amis et famille qui font partie de cette grande famille indispensable à la marche de notre pays, en effet, je vous respecte.
Et en effet, si la France est à 2 vitesses, ce n'est pas parce qu'il y a d'un côté les fonctionnaires et de l'autre, les « autres ».
C'est qu'il y a d'un côté ceux qui ne foutent rien, et de l'autre ceux qui travaillent dur.
Et il y a des fonctionnaires dans les 2 catégories. Et bien sûr quelques catégories intermédiaires aussi.
Il est peut-être plus fréquent et plus facile de glandouiller au travail quand on est fonctionnaire, mais je dis bien peut-être.
Je reviens avec ma sempiternelle rengaine, que mes collègues connaissent bien, de « génération RTT ». Oui, je fais ma vieille France. Et alors ?
Cela fait 12 ans que je travaille, cela fait 12 ans que je recrute, avant et après les 35h : des jeunes, des vieux, des cadres, des employés, des caristes, des manutentionnaires, des chauffeurs poids lourd, des femmes de chambre, des cuisiniers, des informaticiens, des secrétaires, des standardistes, des chefs de projets. J'ai tout vu. J'ai donné ma confiance, j'ai été déçue parfois, j'ai été agréablement surprise d'autres fois. J'ai été désabusée. J'ai été touchée. J'ai été horripilée. J'ai été trahie. J'ai été salvatrice.
Bref…
La grande aventure du recrutement. Chaque être humain est tellement différent que je me demande si l'expérience m'en apprend tant que ça. Aujourd'hui, je regarde tout ça avec plus de hauteur, je m'engage peut-être moins, j'y mets moins mon cœur et mes tripes et je tente de rester factuelle, parce qu'avec la hantise de la discrimination, on n'a plus le droit de penser.
Parmi tous ces gens, il y a des courageux, qui même pour un petit job, même pour un stage, ne comptent ni leurs heures ni leurs efforts. Ils s'impliquent.
Et puis ceux qui sont juste là pour toucher leur paye ou pire, rattraper les quelques semaines qui leur manquent pour toucher le chômage.
Ceux qui, en entretien, veulent savoir combien de RTT, quelle mutuelle, combien pour les tickets restaurants ? Certes c'est important, et je suis la première à apprécier mes 5 jours de RTT par an, mais l'est-ce tant que ça pour en parler lors du premier entretien ?
Ce sont eux que j'appelle la génération RTT.
Ceux qui ne veulent surtout pas entendre parler du boulot quand ils en sont sortis.
Ceux qui mettent les miettes sous le tapis quand ils balaient (c'est une image, sauf si ils sont techniciens d'entretien !).
Ceux qui râlent en permanence mais ne font rien pour arranger les choses.
Ceux qui ont toujours tout obtenu dans la vie sans fournir d'efforts.
Ceux qui s'étonnent que l'entreprise ait pour but de gagner de l'argent.
Ceux qui croient que le patron est un gros pourri caricatural qui ne cherche qu'à les exploiter. (il y en a, certes, mais je n'en connais pas des masses, surtout dans les PME)
Ceux qui ne veulent surtout pas se laisser exploiter ! ça ne les dérange pas de passer 2h30 par jour devant la machine à café ou en bas de l'immeuble avec une cigarette au coin de la bouche, mais surtout, ne pas partir 5 minutes plus tard que l'horaire prévu sur leur contrat.
Ceux qui pointent et ressortent par la petite porte, et reviennent juste pour pointer dans l'autre sens (véridique).
Evidemment, cher collègues, je ne pense à personne en particulier. Je dis juste ce que je pense, en général. Comme d'hab.
Je dis juste qu'il ne faut pas s'étonner si un jour ça finit par se voir, ou si la boite va mal.
Et parfois ça ne se voit pas. Il y a aussi des arrivistes feignants ! Très doués, bravo.
Et de l'autre côté, il a ceux qui bossent. Ils aiment ça, leur vie personnelle est peut-être vide, ils sont passionnés, perfectionnistes, ils ont de l'ambition, ou encore ils n'ont pas le choix.
Rien à voir, donc avec la scission fonctionnaire/privé ou cadre/non cadre.
Là non plus, ça ne se voit pas toujours.
J'en connais des petits commerciaux sous payés qui se battent après des objectifs inatteignables, des courageux qui s'emmènent des dossiers pour le soir ou le week-end, qui pianotent sur leur Blackberry ou leur portable même en vacances, qui bossent 50 heures ou plus par semaine, des jeunes médecins qui enchaînent les patients à un rythme effréné 6 jours sur 7 et 12 heures par jour parce qu'il faut bien payer le cabinet, des employés qui ne coupent pas leur téléphone portable au cas où on aurait besoin d'eux, des intérimaires qui enchaînent les missions pendant 5 ans sans une semaine de vacances, des artisans et professions libérales qui se tuent à la tâche, des stagiaires qui partent presque les derniers le vendredi soir, des standardistes qui passent au bureau pendant leurs RTT pour aider à chercher un dossier introuvable.
Oui.
Parfois, ils sont les dindons de la farce. On profite d'eux.
Parfois non. Ils montent, ils gagnent. Et on dit alors que ce sont des jeunes loups aux dents longues, des arrivistes, des pros de l'esbroufe, des fayots. On est jaloux de leur position ou de leur salaire.
Moi je leur dis simplement : respect.
Voilà, c'est dit, c'est blogué. Ce n'était pas méchant, c'était juste pour dire qu'il y avait des fonctionnaires bosseurs.
Vous allez sûrement avoir des tas de choses à dire après ça….
Je sais, je m'attendris facilement devant des cas particuliers et pas forcément quand il faudrait. Mais bon… Je vous la raconte quand même.
C'était boulevard Haussmann, à Paris. Un vendeur de ballons à l'hélium, de toutes formes et toutes couleurs arpente le pavé.
Une petite fille, dans les 5 ans, en voudrait un.
5 euros.
Enorme pour ce que c'est.
Presque 1 heure de travail pour un smicard.
Elle supplie sa maman. Qui ne veut pas. Puis finit par céder (comme quoi les mômes ont raison d'insister !).
La petite fille, l'œil brillant de joie, choisit un lapin argenté. Il a un air jovial, comme elle. Sa maman paye. Le vendeur donne le ballon à la fillette. Elle a des gants, elle est maladroite.
Et oui.
Vous avez deviné.
Elle lâche le ballon. Elle l'a possédé 3 secondes, et il s'est envolé. Il monte, il monte, il disparaît dans le ciel.
La petite fille est pétrifiée. De grosses larmes coulent sur ses joues. Le vendeur ne bouge pas d'un poil, il s'en fout, il espère même en vendre un deuxième. La maman s'éloigne avec sa fille, désolée.
Petite tranche de vie.
C'est bête, dérisoire, grotesque face aux malheurs du monde, mais je n'ai pas pu m'en empêcher…
Une petite larme roule sur ma joue quand je m'engouffre dans le métro.
Etats-Unis Elle a defrayé la chronique ces dernières semaines aux Etats-Unis, c'est la vue du ciel d'un bâtiment de la pourtant très sérieuse Navy. Des travaux vont être entrepris afin d'en changer la forme rapidement.
Depuis le temps que j'en entendais parler, il fallait que j'essaye… Parce que bien que je sois hostile aux changements, la nouveauté me plaît. Quel paradoxe ! Il suffit qu'un produit ait le mot « nouveau » dessus pour que j'achète. Sauf que quand c'est un truc que j'ai déjà acheté il y a 1 an, ça m'énerve « grave » contre ces gens du marketing qui nous prennent pour des cloches. Ou pire, quand, notamment pour certains produits de beauté, on réemballe l'ancienne boite dans un nouveau double carton plus coloré. C'est horripilant…
Donc, ma dernière expérience de nouveauté sur Internet a été : Second life.
J'ai aimé Facebook, il devrait en être de même !
Tout d'abord, c'est comme Facebook, il faut parler anglais un minimum pour se dépatouiller là dedans.
C'est très drôle de se fabriquer un « avatar », la créature qui va nous représenter dans le domaine. On peut tout choisir : la taille de son nez, de ses narines, l'orientation de ses sourcils, si on veut être une amazone de 2 mètres de haut ou un petit tas plus large que haut. Il y a des choix à faire dont on pourrait bien se passer : raie à gauche ou à droite, taille du lobe de l'oreille que de toute façon on ne voit pas puisqu'il est caché par les cheveux, etc….
Et par ailleurs, des choses plus importantes restent très limitées. Il y a seulement 2 couleurs d'yeux et la coiffure est toujours bizarre. (OK OK OK, sans doute, je ne maîtrise pas encore...)
J'ai oublié, on se choisit un nom !
Il faut ensuite l'habiller. Au départ, j'ai choisi la tenue basique qui était proposée.
Voilà, ma créature est prête. Je me lance.
Je suis parachutée au Brésil. Va savoir pourquoi…
Première constatation, dès que je croise quelqu'un, je suis 2 fois plus grande. J'ai du y aller un peu fort sur la taille. Je corrige, et me voilà plus « humaine ».
Deuxième constatation, je me situe toujours derrière mon avatar. J'ai passé 1 heure à choisir la taille de ses pommettes et l'orientation de ses narines et je les vois jamais !!!
Troisième constatation, dès que je m'approche de quelqu'un, il fait le geste de taper sur son clavier et m'envoie un message.
Vous l'aurez deviné, lecteur attentif…
Je suis au Brésil, donc c'est en portugais. Comme tous les panneaux avoisinant. Il faut que je me tire d'ici !!! (Attention, je précise à tous les portugais ou amis de portugais que je n'ai absolument rien contre eux, c'est juste parce que je ne comprends RIEN !!!)
Je remarque ensuite que je peux convertir certains boutons en français, ce qui me facilitera la tâche. Et que je peux voler. C'est cool ça, je passe plus vite au dessus des obstacles et quand je me pose, c'est toujours de la même manière, et ça m'amuse beaucoup : Je me vautre littéralement par terre, d'une façon qui ne va pas du tout avec mon avatar joli mignon.
Bon, et maintenant, que vais-je faire ?
Il faut aller à Paris…
J'essaye de voler mais je me heurte très vite aux limites du pays virtuel où la mer a une fin.
Me téléporter. OK. Je pianote France, Paris. Je trouve un truc qui pourrait y ressembler. Téléportation OK ? OK.
PAF ! (le chien… pour ceux qui connaissent)
Me voilà dans une boutique vide et fermée.
Il y a un panneau pour la louer, en Linden Dollars. OK, pourquoi pas. Sauf que les Linden dollars, il faut les acheter en vrais dollars d'abord. Quoi ? Vous zêtes ouf ou quoi ?
Allez, je vais voir dehors s'il fait beau, et me heurte à la porte fermée. Impossible de sortir. Je fais tout le tour, pas d'issue. Pas grave, je vais voler pardi ! Sauf que j'arrive à passer la tête au dessus du mur, mais le reste ne suit pas.
Ma fille vient à ma rescousse.
Rien à faire. Je suis coincée là. Remarquez, ça m'aurait légèrement agacée qu'une crevette de 6 ans qui ne parle même pas anglais arrive à me sortir de là !
Finalement, un éclair de génie me traverse et je clique sur la poignée de la porte, qui s'ouvre. Wahhhh, OK !!!!
Dehors, que faire ?
Je vais essayer de changer mes vêtements. Car tous les gens que je croise sont habillés différemment.
Il faut d'abord se dévêtir. Et me voilà avec mon avatar femelle hyper gaulé, à poil, en pleine rue ! Mon pire cauchemar est réalité (oui, je rêve souvent ça, ou que j'ai des poils sur les seins, c'est grave docteur ?). Enfin non. Mais on y croirait.
Bon, il faut agir vite. Je ne sais pas du tout comment me rhabiller, la fonction inverse n'existe pas. OK.
J'ai trouvé !!!!
Ouf. Me revoilà habillée de neuf, toute belle.
Bon, et maintenant ?
Je ne sais pas…
Je n'ai rien à faire ici.
Une seconde vie ? Mais la première est déjà très très remplie ! Quelle folie. Allez, je clique sur Quitter. Je reviendrai peut-être, quand j'aurais compris à quoi ça sert !
J'ai reçu ces jours ci pas mal de mails privés me demandant de parler d'Ingrid Bettancourt.
Certains m'ont aussi demandé de mettre des liens vers une pétition si j'étais pour sa libération.
D'abord, comment peut-on être contre ?
Ah si si, moi je veux pas qu'elle soit libérée.
Hum hum…
Même en n'aimant pas le politiquement correct, je vois pas qui approuve les prises d'otages !
Je ne vais publier aucun lien vers quelconque pétition.
Parce que si vous en cherchez vous les trouverez aisément. Il y en a plein la toile.
Que les FARC n'en ont rien, mais alors rien à foutre.
Que Sarko fait déjà ce qu'il peut car il sait bien quelle publicité ça lui ferait d'avoir libéré les infirmières bulgares et Ingrid Bettancourt à quelques semaines d'intervalle.
En revanche, je vous donne ou redonne à lire les mots écrits par Ingrid lors de sa dernière missive à sa mère. Poignant. Et bien plus.
Extraits de la lettre : "Ici, nous vivons comme des morts"
"C'est un moment très dur pour moi. Ils demandent des preuves de vie brusquement et je t'écris, mon âme tendue sur ce papier. Je vais mal physiquement. Je ne me suis pas réalimentée, j'ai l'appétit bloqué, les cheveux me tombent en grande quantité.
"Je n'ai envie de rien. Je crois que c'est la seule chose de bien, je n'ai envie de rien car, ici, dans cette jungle, l'unique réponse à tout est « non ». Il vaut mieux donc, n'avoir envie de rien pour demeurer, au moins, libre de désirs. Cela fait 3 ans que je demande un dictionnaire encyclopédique pour lire quelque chose, apprendre quelque chose, maintenir vive la curiosité intellectuelle. Je continue à espérer, qu'au moins par compassion, ils m'en procureront un, mais il vaut mieux ne pas y penser. Chaque chose est un miracle, même t'entendre chaque matin car ma radio est très vieille et abîmée.
Mélanie et Lorenzo Betancourt
"Je veux te demander, Mamita Linda, que tu dises aux enfants qu'ils m'envoient trois messages hebdomadaires (...). Rien de transcendant si ce n'est ce qui leur viendra à l'esprit et ce qu'ils auront envie d'écrire (...). Je n'ai besoin de rien de plus mais j'ai besoin d'être en contact avec eux. C'est l'unique information vitale, transcendante, indispensable, le reste ne m'importe plus(...).
"Comme je te disais, la vie ici n'est pas la vie, c'est un gaspillage lugubre de temps. Je vis ou survis dans un hamac tendu entre deux piquets, recouvert d'une moustiquaire et avec une tente au dessus, qui fait office de toit et me permet de penser que j'ai une maison. J'ai une tablette où je mets mes affaires, c'est-à-dire mon sac à dos avec mes vêtements et la Bible qui est mon unique luxe. Tout est prêt pour que je parte en courant. Ici rien n'est à soi, rien ne dure, l'incertitude et la précarité sont l'unique constante. A chaque instant, ils peuvent donner l'ordre de tout ranger [pour partir] et chacun doit dormir dans n'importe quel renfoncement, étendu n'importe où, comme n'importe quel animal (...).
"Mes mains suent et j'ai l'esprit embrumé, je finis par faire les choses deux fois plus doucement qu'à la normale. Les marches sont un calvaire car mon équipement est très lourd et je ne le supporte pas. Mais tout est stressant, je perds mes affaires ou ils me les prennent, comme le jeans que Mélanie m'avait offert pour Noël, que je portais quand ils m'ont prise. L'unique chose que j'ai pu garder est la veste, cela a été une bénédiction, car les nuits sont gelées et je n'ai eu rien de plus pour me couvrir.
"Avant, je profitais de chaque bain dans le fleuve. Comme je suis la seule femme du groupe, je dois y aller presque totalement vêtue : short, chemise, bottes. Avant j'aimais nager dans le fleuve mais maintenant je n'ai même plus le souffle pour. Je suis faible, je ressemble à un chat face à l'eau. Moi qui aimais tant l'eau, je ne me reconnais pas. (...) Mais depuis qu'ils ont séparé les groupes, je n'ai pas eu l'intérêt ni l'énergie de faire quoi que ce soit. Je fais un peu d'étirements car le stress me bloque le cou et cela me fait très mal.
"Avec les exercices d'étirement, le split et autres, je parviens à détendre un peu mon cou. (...) Je fais en sorte de rester silencieuse, je parle le moins possible pour éviter les problèmes. La présence d'une femme au milieu de tant de prisonniers masculins qui sont dans cette situation depuis 8 à 10 ans, est un problème (...). Lors des inspections, ils nous privent de ce que nous chérissons le plus. Une lettre de toi qui m'était arrivée, m'a été prise après la dernière preuve de survie, en 2003. Les dessins d'Anastasia et Stanislas [neveux d'Ingrid], les photos de Mélanie et Lorenzo, le scapulaire de papa, un programme de gouvernement en 190 points, ils m'ont tout pris. Chaque jour, il me reste moins de moi-même. Certains détails t'ont été racontés par Pinchao. Tout est dur.
"Il est important que je dédie ces lignes à ces êtres qui sont mon oxygène, ma vie. A ceux qui me maintiennent la tête hors de l'eau, qui ne me laissent pas couler dans l'oubli, le néant et le désespoir. Ce sont toi, mes enfants, Astrid et mes petits garçons, Fab [Fabrice Delloye], tante Nancy et Juanqui [Juan Carlos, le mari d''Ingrid]. Chaque jour, je suis en communication avec Dieu, Jésus et la Vierge (...). Ici, tout a deux visages, la joie vient puis la douleur. La joie est triste. L'amour apaise et ouvre de nouvelles blessures... c'est vivre et mourir à nouveau.
"Pendant des années, je n'ai pas pu penser aux enfants, la douleur de la mort de papa accaparait toute ma capacité de résistance. Je pleurais en pensant à eux, je me sentais asphyxiée, sans pouvoir respirer. En moi, je me disais : « Fab est là, il veille à tout, il ne faut pas y penser ni même penser ». Je suis presque devenue folle avec la mort de papa. Je n'ai jamais su comment cela s'est passé, qui était là, s'il m'a laissé un message, une lettre, une bénédiction. Mais ce qui a soulagé mon tourment, a été de penser qu'il est parti confiant en Dieu et que là-bas, je le retrouverai pour le prendre dans mes bras. Je suis certaine de cela. Te sentir a été ma force. Je n'ai pas vu de messages jusqu'à ce qu'il me mette dans le groupe de [l'otage] Lucho, Luis Eladio Pérez, le 22 août 2003. Nous avons été de très bons amis, nous avons été séparés en août. Mais durant ce temps, il a été mon soutien, mon écuyer, mon frère (...).
"J'ai en mémoire l'âge de chacun de mes enfants. A chaque anniversaire, je leur chante le « Happy Birthday ». Je demande à ce qu'ils me laissent faire un gâteau. Mais, depuis trois ans, à chaque fois que je le demande, la réponse est non. Ca m'est égal, s'ils amènent un biscuit ou une soupe quelconque de riz et de haricot, ce qui est habituel, je me figure que c'est un gâteau et je leur célèbre dans mon cœur leur anniversaire.
Mélanie Betancourt
"A ma Melelinga [Mélanie], mon soleil de printemps, ma princesse de la constellation du cygne, à elle que j'aime tant, je veux te dire que je suis la maman la plus fière de cette terre (...). Et si je devais mourir aujourd'hui, je partirais satisfaite de la vie, en remerciant Dieu pour mes enfants. Je suis heureuse pour ton master à New York. C'est exactement ce que je t'aurais conseillé. Mais attention, il est très important que tu fasses ton DOCTORAT. Dans le monde actuel, même pour respirer, il faut des lettres de soutien (...). Je ne vais pas me fatiguer à insister auprès de Loli [Lorenzo] et Méla qu'ils n'abandonnent pas avant d'avoir leur doctorat. J'aimerais que Méla me le promette.
"(...) Mélanie, je t'ai toujours dit que tu étais la meilleure, bien meilleure que moi, une sorte de meilleure version de ce que j'aurais voulu être. C'est pourquoi, avec l'expérience que j'ai accumulée dans la vie et dans la perspective que donne le monde vu à distance, je te demande, mon amour, que tu te prépares à arriver au sommet.
Lorenzo Betancourt
"A mon Lorenzo, mon Loli Pop, mon ange de lumière, mon roi des eaux bleues, mon chief musician qui me chante et m'enchante, au maître de mon coeur, je veux dire que depuis qu'il est né jusqu'à aujourd'hui, il a été ma source de joies. Tout ce qui vient de lui est du baume pour mon coeur, tout me réconforte, tout m'apaise, tout me donne plaisir et placidité (...). J'ai enfin pu entendre sa voix, plusieurs fois cette année. J'en ai tremblé d'émotion. C'est mon Loli, la voix de mon enfant, mais il y a déjà un autre homme sur cette voix d'enfant. Un enrouement d'homme-homme, comme celle de papa (...). L'autre jour, j'ai découpé une photo dans un journal arrivé par hasard. C'est une propagande pour un parfum de Carolina Herrera « 212 Sexy men ». On y voit un jeune homme et je me suis dit : mon Lorenzo doit être comme ça. Et je l'ai gardé.
"La vie est devant eux, qu'ils cherchent à arriver le plus haut. Etudier est grandir : non seulement par ce qu'on apprend intellectuellement, mais aussi par l'expérience humaine, les proches qui alimentent émotionnellement pour avoir chaque jour un plus grand contrôle sur soi, et spirituellement pour modeler un plus grand caractère au service d'autrui, où l'ego se réduit à sa plus minime expression et où l'on grandit en humilité et force morale. L'un va avec l'autre. C'est cela vivre, grandir pour servir (...).
Fabrice Delloye, ex-mari d'Ingrid et père de ses enfants
"A mon Sébastien [fils du premier mariage de Fabrice Delloye], mon petit prince des voyages astraux et ancestraux. J'ai tant à te dire ! Premièrement, que je ne veux pas partir de ce monde sans qu'il n'ait la connaissance, la certitude et la confirmation que ce ne sont pas deux, mais trois enfants d'âme, que j'ai (...). Mais avec lui, je devrais dénouer des années de silence qui me pèsent trop depuis la prise d'otage. J'ai décidé que ma couleur favorite était le bleu de ses yeux (...). Si je venais à ne pas sortir d'ici, je te l'écris pour que tu le gardes dans ton âme, mon Babon adoré, et pour que tu comprennes ce que j'ai compris quand ton frère et ta sœur sont nés : je t'ai toujours aimé comme le fils que tu es et que Dieu m'a donné. Le reste n'est que formalité.
"(...) Je sais que Fab a beaucoup souffert à cause de moi. Mais que sa souffrance soit soulagée en sachant qu'il a été la source de paix pour moi. (...) Dis à Fab que sur lui je m'appuie, sur ses épaules je pleure, qu'il est mon soutien pour continuer à sourire de tristesse, que son amour me rend forte. Parce qu'il fait face aux nécessités de mes enfants, je peux cesser de respirer sans que la vie ne me fasse tant mal. (...)
Astrid, soeur d'Ingrid et Yolanda, mère d'Ingrid
"A mon Astrica, tant de choses que je ne sais par où commencer. Tout d'abord, lui dire que « sa feuille de vie » m'a sauvé pendant la première année de prise d'otage, pendant l'année de deuil de papa (...). J'ai besoin de parler avec elle de tous ces moments, de la prendre dans mes bras et de pleurer jusqu'à ce que se tarisse le puits de larmes que j'ai dans mon cœur. Dans tout ce que je fais dans la journée, elle est en référence. Je pense toujours, « ça, je le faisais avec Astrid quand nous étions enfants » ou « ça, Astrid le faisait mieux que moi ». (...) Je l'ai entendu plusieurs fois à la radio. Je ressens beaucoup d'admiration pour son expression impeccable, pour la qualité de sa réflexion, pour la maîtrise de ses émotions, pour l'élégance de ses sentiments. Je l'entends et je pense « Je veux être comme ça » (...). Je m'imagine comment vont Anastasia et Stanis. Combien cela m'a fait mal qu'ils me prennent leurs dessins. Le poème d'Anastasia disait « par un tour du sort, par un tour de magie ou par un tour de Dieu, en trois années ou trois jours, tu seras de retour parmi nous ». Le dessin de Stanis était un sauvetage en hélicoptère, moi endormie et lui en sauveur.
"Mamita, il y a tant de personnes que je veux remercier de se souvenir de nous, de ne pas nous avoir abandonnés. Pendant longtemps, nous avons été comme les lépreux qui enlaidissaient le bal. Nous, les séquestrés, ne sommes pas un thème « politiquement correct », cela sonne mieux de dire qu'il faut être fort face à la guérilla même s'il faut sacrifier des vies humaines. Face à cela, le silence. Seul le temps peut ouvrir les consciences et élever les esprits. Je pense à la grandeur des Etats-Unis, par exemple. Cette grandeur n'est pas le fruit de la richesse en terres, matières premières, etc, mais plutôt le fruit de la grandeur d'âme des leaders qui ont modelé la Nation. Quand Lincoln a défendu le droit à la vie et à la liberté des esclaves noirs en Amérique, il a aussi affronté beaucoup de Floridas et Praderas [municipalités demandées par les FARC pour la zone démilitarisée]. Beaucoup d'intérêts économiques et politiques considérés supérieurs à la vie et à la liberté d'une poignée de noirs. Mais Lincoln a gagné et il reste imprimé sur le collectif de cette nation la priorité de la vie de l'être humain sur quelque autre type d'intérêt.
"En Colombie, nous devons encore penser à notre origine, à qui nous sommes et où nous voulons aller. Moi, j'aspire à ce qu'un jour, nous ayons la soif de grandeur qui fait surgir les peuples du néant pour atteindre le soleil. Quand nous serons inconditionnels face à la d