| jeudi 06 juillet 2006, a 23:58 |
| VACANCES !!!!!!!!!!!!!!!!!! |
Voilà...
Elles arrivent...
Je crois les avoir méritées....
Je suis presque en vacances et il n'y aura donc pas de nouvel article avant le mois d'août.
Peut-être partez vous aussi ? Alors on ne se manquera pas trop.
Si vous êtes là, vous pouvez commenter, je publierai au retour.
En attendant, quelques chiffres :
depuis le début du "blog de Flo", presque 7000 visites, 56 articles, 292 commentaires (dont quelques commentaires à vos commentaires parceque j'aime bien avoir le dernier mot).
On n'est pas toujours d'accord mais on en discute.
Et surtout n'oubliez pas, le foot est un jeu, voire une fête si on gagne, alors pas la peine d'aller casser du Mac Do ou de monter sur le toit des métros pour montrer sa joie... sortez couverts et ne fumez pas trop.
Au 1er août, chers lecteurs, amis et inconnus.
Flo |
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| jeudi 06 juillet 2006, a 23:46 |
| Accoucher avec ou sans péridurale ? |
( Photo : accouchement dans l'eau. Wharff wharff wharfff)
Dans la lignée de mes articles "j'hésite" et surtout parceque je n'ai pas le temps d'écrire de nouveaux sujets ces temps ci....
J'ai fait les deux donc je peux en parler !
Tout d'abord excluons les femmes jalouses, grand-mères, mères, tantes, et belle-mères qui n'en ont pas bénéficié et démontrent que c'est mauvais par le simple fait que tous les mammifères femelles ont toujours accouché depuis la nuit des temps sans anesthésie. Et qu'elles n'en sont pas (toutes) mortes. Certes, mais parlons en des mammifères, elles n'ont pas de col sur l'utérus, puisqu'elles ne sont pas debout comme nous les femmes, et n'ont donc pas à lutter contre la pesanteur. Les contractions sont donc moins pénibles…
Et puis je ne veux pas entendre non plus d'arguments sur la nouveauté du procédé et ses risques mal maîtrisés. A ce moment là, pas d'anesthésie non plus pour l'appendicite ou, voire, la césarienne ! Un pétard, des boule Quiès et zou au boulot…
Non, rien de tout ça. Juste des constatations claires et objectives.
Mon deuxième accouchement, sans, ne l'a pas été volontairement, donc la conclusion de cet article est évidente, je suis pour ! Néanmoins, mon mari a trouvé des avantages à cette méthode « naturelle ». Et moi aussi un tout petit peu….
J'ai également compris le véritable sens des mots « cours d'accouchement sans douleur », auxquels toute nullipare valide se précipite afin d'y entendre conseils et paroles rassurantes. Je croyais au début que ces cours nous apprenaient à ne pas avoir mal, c'est tout le contraire, ils nous apprennent à pousser correctement alors qu'on n'a pas mal et qu'on ne sent rien ! Nuance. Quand on a mal, je vous assure qu'on pousse sans problème, et sans avoir appris quoi que ce soit. C'est totalement instinctif comme de respirer.
Commençons par Avec péridurale. Je ne parle que des cas où cette dernière a marché. Bien évidemment, la péridurale mal faite n'a aucun intérêt pour personne.
Il y a la piqûre dans la colonne vertébrale avec cette énorme seringue qu'on ne voit jamais mais dont on parle beaucoup. Le papa, s'il assiste, est prié de sortir à ce moment là et la taille de la seringue grandit au fur et à mesure qu'elle traverse les imaginaires. En fait elle n'est pas si grande que ça, et franchement, on a tellement mal qu'on pourrait nous faire n'importe quoi avec la promesse de ne plus avoir mal après. Bien sûr il a fallu au préalable aller consulter l'anesthésiste pour être sûre que notre organisme est compatible, faire une prise de sang juste avant pour contrôler les plaquettes, mais ce n'est que formalité plutôt rassurante.
Ensuite, un état cotonneux du bas du corps. Les jambes lourdes. Les contractions visibles sur un bout de papier qui se dévide lentement à côté de notre tête, et l'impression que notre bas ventre se soulève un peu périodiquement, sans douleur mais avec la nette impression que sinon ça serait terrible. Certaines ont eu la chance d'avoir une pompe pour doser elles mêmes la quantité de « non-douleur », mais l'organisme réagit avec du retard et parfois le bébé est déjà né quand la dose maximale les plonge dans un profond coma des jambes…
En général ça dure assez longtemps. Pour ma part, 13h la première fois. Impossible de dormir (oui, c'est statistiquement souvent la nuit, on ne sait pas pourquoi) à cause des différents bip bip et du stress, il faut bien l'avouer. Le monitoring vous fait également entendre le cœur du bébé en direct. Je changeait parfois de position, et mon mari sortait de sa torpeur en sursaut en hurlant « on ne l'entend plus !!! ». Il suffisait que je rebouge dans l'autre sens et il pouvait recommencer sa veille. Fait non négligeable, une sage femme vient généralement toutes les heures contrôler l'état d'ouverture de votre col et vous voyez presque tout son avant-bras disparaître en vous sans rien sentir.
Bref, après quelques heures dans cet état étrange, on décide que c'est le moment. On vous dit de pousser, de ne plus pousser, plus fort, allez courage, on y va ! Parfois le futur père vous tient la nuque, toujours trop ou pas assez fort. Mais pousser quoi, comment ? On ne sent rien… pas facile. « Comme si vous alliez à la selle madame ». Quoi ??? comme ça devant tout le monde ? Pas question ! Vous êtes malades ou quoi ? Alors on pousse plus ou moins mollement. C'est long ! Si le médecin commence à trouver que le bébé se fatigue, là on y va plus franchement, l'instinct de mère reprend le dessous et on se concentre pour appliquer à la lettre ce que l'on a appris au cours dernier.
OUF ! Voilà Bébé. Non pas tout rose et propre mais sanguinolent et plein de cet enduit blanc bizarre. Aucune importance, c'est fini, on le serre sur notre poitrine pendant que la sage femme nous recoud tranquillement.
Personnellement j'ai toujours eu du mal à croire que cette chose de 3 kilos était sortie de moi, même si le miroir que l'on avait disposé en face afin que je puisse suivre les opérations me l'assurait.
Ensuite, les jambes très lourdes et immobiles, pleines de fourmis. Interdiction de se lever pendant 2 heures. Personnellement une fois dans la chambre j'ai quand même rangé mes petites affaires dans les placards, mais je me suis faite engueuler !
Beaucoup d'anecdotes aussi de jeunes mères qui croient pouvoir tenir debout et s'écroulent lamentablement au pied de leur lit parce que leurs jambes ne les ont pas soutenues.
Mais au moins on n'a pas souffert !
Maintenant Sans.
En général ça va plus vite, c'est pour ça d'ailleurs qu'on le fait sans, par manque de temps. Plus rarement par manque d'envie.
En tous cas c'était mon cas.
De la première contraction à 3h30, à l'arrivée à l'hôpital un peu avant 5h, j'ai pu apprécier la force de mes contractions, bien régulières, bien rapprochées comme dans les livres.
J'ai supporté en gémissant doucement ma demi heure sur les sièges en bakélite de la salle d'attente de l'hôpital, en me disant que la libération approchait. Ma petite péridurale, pitié…
Un fois installée, prise de sang faite pour contrôle des plaquettes, monitoring placé, les choses se sont accélérées. J'ai lâché le masque à oxygène qui, j'en ai l'impression, ne servait à rien à part me faire des fourmis dans la tête. Et l'effet euphorisant ? Peut-être quand tout va bien mais pas dans mon cas…
Pendant les 20 minutes suivantes j'ai eu l'impression de n'avoir qu'une énorme contraction, d'être transformée en accent circonflexe sur ma table d'accouchement. Les pieds et les mains accrochés à la table, et les fesses en l'air, comme un hamster à qui on envoie du 220 volts ! Je ne voyais plus, n'entendait presque plus, je ne maîtrisais plus mes hurlements (guturaux-bestiaux, paraît il) ni ma main gauche qui broyait celle de mon mari. La droite s'agrippant tantôt au lit, tantôt dans le vide en recherche d'un quelconque réconfort. Je me souviens avoir hurlé plusieurs fois « je vais mourir !! », et j'y croyais vraiment. J'avais même mal aux oreilles de tant crier. Je n'étais plus qu'un bête. Et dans le bas du corps, je poussais, je poussais. La sage femme me disait de respirer, d'arrêter, de souffler, de faire le petit chien. C'est ça, viens à ma place, essaye donc !
C'est là que j'ai abandonné l'espoir de la péridurale pour cette fois ci.
Je ne croyais quand même pas que ce serait si court. Quand la tête a commencé à sortir, la sage femme a demandé à mon mari comment allait s'appeler ce bébé. Croyant qu'elle cherchait à me distraire et que la question m'était adressée, j'ai hurlé un « ALICE » dont tout le rez-de-chaussée de l'hôpital se souviendra.
C'est moi qui ai ensuite sorti le bébé de mon ventre en le prenant sous les aisselles.
6h05. 3 kilos 700 de bébé posé sur la poitrine.
La douleur s'arrête comme par miracle, instantanément. Mes jambes tremblent à force de s'être crispées mais je les sens. Mon mari a dit une parole maladroite « je suis content que ça se soit bien et vite passé. C'est quand même mieux sans péridurale ! ». Je lui ai pardonné, il ne se rendait pas compte…
Pour ma part, je suis très fière d'avoir survécu à ça, d'y être arrivée.
Pas d'effets secondaires. Pas de mal de dos. Les contractions des 24 heures suivantes me paraissent bien négligeables à côté de ce que j'ai vécu et je les ignore superbement, alors que mes voisines d'étage se bourrent d'anti-douleur.
Moi j'ai vu pire, je suis une dure maintenant. Je peux tout supporter. Je me sens invincible. Et solidaire de toutes les femmes du monde qui ont vécu ça.
Maintenant à vous de juger…
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| mercredi 05 juillet 2006, a 00:02 |
| Garder ses enfants ou aller travailler ? |
Il est tard, j'ai un boulot d'enfer en ce moment, il fait une chaleur de brute, je pars en vacances dans....5 jours, alors je n'ai vraiment pas le temps de vous concocter un bel article. Je joue ma feignante, j'en mets un que j'ai écrit il y a quelques temps, dans la série "j'hésite', comme "la douche ou le bain" et "pour ou contre internet"....
Garder ses enfants en bas âge ou aller travailler
Tout d'abord, il faut mettre les choses au point. Cette hésitation n'est valable qu'uniquement si les deux styles de vie sont agréables. Je précise : Un logement joli et fonctionnel, des moyens financiers assez larges, des enfants en quantité raisonnable (3 maximum), en bonne santé, vifs et au poil brillant, un boulot intéressant, à moins d'une heure de transport, une cantine comestible ou une multitude de snacks et petits restaurants pas chers alentour, une hiérarchie existante mais pas moralement harcelante, des centres d'intérêts variés, un mari normal (tendance macho), qui mange, boit et salit ses chaussettes et ses chemises etc… en bref, ce que l'on espère toutes (sauf pour les chaussettes et les chemises mais ça n'existe pas).
Il suffit que l'un des curseurs se déplace dans un sens ou dans l'autre pour que tout se dérègle et que l'on n'hésite plus une seconde.
Prenez l'un des choix suivants : Un logement invivable dans la journée (trop chaud, trop froid, trop bruyant, minuscule), des enfants insupportables, surexcités 24h sur 24h, un métier absolument passionnant (star de cinéma, présidente de la République, voire ministre pour rester raisonnable…) et très très rémunérateur, dans des conditions idéales, avec plein d'avantages en nature et des collègues formidables, un mari qui adore faire les courses, la cuisine, la lessive et garder les enfants quand ils ont de la fièvre. En plus il rentre à 18h tous les jours et ne part jamais en déplacement professionnel.
Vous n'hésiterez plus et moi non plus, nous irons travailler.
Maintenant exercice inverse :
Une maison extraordinaire, des enfants adorables, sages, autonomes, obéissants, ou à l'inverse très malades ou fragiles (et qui ont donc besoin de nous), un travail exécrable, pas intéressant, pas bien payé, sans espoir de carrière, avec un patron taré, une cantine frôlant l'empoisonnement et l'interdiction de manger dans les locaux de l'entreprise, rien autour pour se promener, des horaires fantaisistes et ingérables, un mari qui rentre tard et exige des petits plats tous les soirs, des grands-mères hyper disponibles et ravies de garder notre progéniture régulièrement pour nous soulager, ou une « jeune fille » pour accomplir les tâches qui nous déplaisent le plus… Et nous resterons à la maison en touchant les 600 euros généreusement donnés par la caisse d'Allocations Familiales pour que nous ne venions pas grossir les rangs des chômeurs.
Je ne parle pas ici du ménage car, leur épouse travaillant ou pas, cela ne changera pas grand chose à la tendance qu'aura le mari à aider ou pas. C'est comme si c'était « indépendant ».
Donc, reprenons le raisonnement avec des bases « normales ». Les enfants sont jeunes, le dernier a moins de trois ans et l'aîné est en première année de maternelle et ne va à l'école que le matin.
Pour avoir fait les deux, je peux en parler un peu aussi.
Rester à la maison, Les avantages :
Pas de hiérarchie sur mon dos pour me dire de ne pas faire ceci ou cela. La hiérarchie, c'est MOI ! Je veux partir quelques jours dans une région balnéaire pendant les ponts du mois de Mai ? Qu'à cela ne tienne, on part.
Quel mois tu prends cet été, Juillet ou Août ? Les deux mon général !
Oui, ça c'est vraiment bon.
La fantaisie est possible, pas besoin de prévoir et de poser mes conditions à mon patron. Tiens, et si on allait à la piscine, au jardin d'acclimatation ou voir ma copine Machin ? Tout est possible à midi après l'école. Ma copine Trucmuche a accouché la semaine dernière, on débarque en groupe chez elle pour souhaiter la bienvenue à Trucmuche junior !
Je n'ai pas fait mon shampoing (ça marche aussi avec épilation, coloration, repassage…) ? Et alors, je le ferai plus tard et personne ne me dira rien.
Je n'ai plus rien à me mettre ? Un jean fera l'affaire. Même sale.
Aujourd'hui j'ai envie d'être bête, de chanter à tue tête, de parler à l'envers, de me faire des couettes, de mettre ce ridicule pantalon vert pomme. Au mieux ça fera rire les petits, au pire ils penseront que je suis fêlée aujourd'hui et le diront à Papa le soir.
Ils ne vont pas changer de maman pour autant.
Je fais mes courses en semaine, loin des bouchons aux caisses, avec une poussette qui a un grand panier dessous, et l'aînée qui tient bien la poussette pour traverser la rue. A chaque fois, je me dis, « tiens, il n'y a personne ! ».
Les enfants ont leur maman près d'eux, qui surveille ce qu'ils font, ce qu'ils mangent, s'ils font bien caca tous les jours, se rend compte de leurs progrès en dessin, vélo, langage. Je connais leurs copains de classe.
Ils se sentent en sécurité, aimés. J'ai l'impression de tout leur donner, de faire le maximum pour qu'ils soient bien. Ils sont moins stressés, moins énervés que s'ils partaient chez la nourrice ou à la crèche à 7h30 le matin.
Ils sont un peu malades ? Un coup de Doliprane et on verra demain. La directrice de crèche, c'est encore moi !
Si c'est plus grave, je prends rendez-vous chez le pédiatre, dans la journée, pas entre 20h30 et 20h45 comme avant. Mais en pratique ils sont aussi beaucoup moins malades.
Les petits soucis de santé se règlent à coup de visites chez l'ophtalmo, le psy, l'orthophoniste. Calmement et presque sûrement.
Je peux les inscrire à des « activités », et les y conduire sans stress.
Je suis là aussi pour le releveur du compteur d'eau, le facteur qui a un recommandé, le colis des 3 Suisses, le livreur de tout.
Je profite de la maison à cent pour cent.
Partout, je rencontre des gens comme moi. Au parc, au supermarché, dans la rue à 15h, chez le pédiatre…j'ai l'impression que le monde en est truffé.
Quand il y a des grèves, je me lamente pour les autres, et je reste au chaud mais pas tassée dans un wagon surpeuplé.
Il fait beau ? Tout le monde au jardin ou au parc. Et on a tous bonne mine.
Avec un peu de chance, je peux même me mettre à la couture, à l'Internet, à la cuisine. Je peux faire des tableaux de coquillages ou retaper ce petit buffet acheté à la brocante l'année dernière. A coup de quarts d'heures disséminés ça et là dans la journée, j'y arriverai un jour.
Je fais aussi mes albums photo rapidement, quand je me souviens encore de ce qu'il faut marquer sous la photo.
Le bonheur ? Oui ça y ressemble.
Forcément, les désagréments du travail découlent de ça.
Une hiérarchie est parfois pesante. Même si elle est compréhensive, il faut tenir compte du calendrier de vacances et d'absences des collègues ou binômes.
Si je pose un RTT, je prévoirai plusieurs jours à l'avance ce que j'en ferai.
Je me dois d'être présentable tous les jours. D'être polie et bien élevée. De ne pas dire ce que je pense à tout le monde.
Le bébé Trucmuche aura déjà 4 mois quand je trouverai enfin le temps d'aller le voir.
Je fais mes courses le samedi avec tout le monde. Je fais autant de queue que de courses. Ou bien je commande chez Télémarketouille, et je ne suis jamais contente. Il manque toujours quelque chose et ils me facturent très chers les bouteilles d'eau et les cartons de lait, parcequ'au début les gens ne se faisaient livrer que du gros et du lourd, ou du super encombrant léger (16 rouleaux de Sopalin !), mais toujours du pas cher. Alors ils ont trouvé la parade, un supplément ! Oui mais moi j'en ai vraiment besoin de ce lait et de cette eau. Alors je la paye au prix de l'Or(angina) ou je vais l'acheter sur place, avec les denrées que télémarketouille n'a pas pu me livrer. Perte de temps et d'argent, finalement.
Je prends les transports en commun. Grèves ou pas. Parfois ça sent mauvais, on est serrés, un affreux bonhomme me tripote les fesses, je reste debout et je dois subir les blagues vaseuses ou les conversations téléphoniques de mes voisins. Je guette le quai désert en me disant que je vais sûrement être en retard à ce rendez-vous. Ce n'est pas toujours désagréable, mais ça peut l'être.
Je ne vais jamais chercher mes enfants à l'école. Ils me parlent de leurs camarades, des inconnus pour moi.
Si je les trouve un peu chauds le soir, je m'inquiète toute la nuit en les bourrant de Doliprane. Pourvu qu'ils soient frais et dispos le lendemain. Qui va les garder sinon ? Le stress suprême…
Les visites avec eux chez les professionnels de santé relèvent du parcours du combattant. Tout le week-end est minuté.
Je suis obligée de subir la dictature d'une assistante maternelle revêche (ça marche aussi avec directrice de crèche), qui me dit à quelle heure je dois finir mon travail. Qui me dit que si demain je suis encore en retard (les grèves de transport elle ne veut pas en entendre parler), elle ne gardera plus ma fille. J'ai envie de l'aplatir contre le mur mais je me retiens, et je lui fais de grands sourires. Je lui offre même des chocolats à Noël, pour l'amadouer. Elle est rare et elle le sait.
Les enfants se jettent sur moi le soir, juste quand je voudrais souffler, même cinq minutes. Ils essayent de rattraper le temps qu'ils n'ont pas passé avec moi. Et vice versa mais c'est du concentré et parfois c'est trop fort d'un coup. J'ai peur d'avoir raté quelque chose, je culpabilise. Ils ont une vie à eux, sans moi.
Le samedi, je vais chercher mon recommandé à la Poste, ou mon colis des quatre belges. Je fais encore la queue. Pas tous les samedis mais quand ça arrive ça me barbe.
La maison est vide toute la journée, les poissons rouges et le chat sont seuls.
Il fait beau et je suis coincée au bureau. Ma cafétéria est en sous-sol, dommage !
J'ai l'impression d'être une superwoman et de vivre plusieurs vies à la fois, mais je sens que la mécanique peut craquer.
Tout est en retard chez moi. J'empile ! Piles de courrier, de linge, de mails, de choses à faire…
Et en plus, il est probable que je perde de l'argent, parce que faire garder 2 enfants à Paris, ce n'est pas donné. Et tous calculs fait, il faudrait que je gagne beaucoup plus pour que l'opération soit rentable.
MAIS :
Je vois des gens différents tous les jours (ne serait ce que dans le métro).
Je prends plaisir à m'habiller, me pomponner.
Je fais autre chose que changer des couches et laver des biberons au rythme implacable de « toutes les quatre heures ».
Les enfants ont un lien social, ils sont confrontés à la vie avant l'entrée à la maternelle, ils voient d'autres enfants. Ils apprennent des tas de choses astucieuses à la crèche (mettre son manteau en le posant par terre par exemple).
A midi, je n'ai pas besoin de cuisiner. Je n'ai qu'à choisir et à me faire servir. Je choisis entre chinois-japonais-pizza-crêpes-salades-sandwich-brasserie etc… Je peux aussi aller faire une course personnelle rapide ou passer chez le coiffeur.
Quand un dossier que j'ai traité remporte la palme, ou que j'ai un succès professionnel, c'est un réel plaisir, une fierté, une reconnaissance, une excitation, une satisfaction du travail accompli. Un truc vraiment fort.
J'ai aussi un réel plaisir à retrouver mes enfants le soir. Ils m'ont manqué et je m'en suis rendue compte. Je les serre fort contre moi et je leur raconte toutes les histoires qu'ils veulent. J'enlève mes chaussures, je me lave les mains, et je suis à eux, corps et âme. Ils me parlent et m'embrassent.
L'argent que je gagne est mon argent. Si la situation familiale le permet, je peux m'offrir cette petite jupe adorable sans rendre de comptes à personne. Et je ne suis pas obligée de dire combien je l'ai payée.
J'ai une position dans la société. On me demande ce que je fais, j'ai un vrai métier. J'en suis fière. Je peux en parler, je ne me sens pas cruche ou déconnectée.
D'ailleurs, j'ai toujours un truc à raconter le soir. Ça barbe les hommes que les femmes racontent leurs histoires de boulot ? Oui, c'est vrai et ce n'est pas moi qui le dit. Mais de toutes façons on raconte quelque chose, alors autant que ce soit varié et que ça sorte du rot-pipi-caca.
Une autre et dernière très bonne raison : le stress me fait maigrir !
Et enfin, voici les vraies difficultés de la vie de la mère au foyer, qui découlent du paragraphe précédent :
Je vois toujours les mêmes têtes. Même mes enfants parfois m'insupportent. Vous travailleriez, vous, 24 heures sur 24 avec votre mère ou votre conjoint ? sûrement pas. C'est pareil pour moi. Ces petits êtres charmants sont aussi bourrés de défauts et il m'arrive de ne plus pouvoir les voir en peinture. Ça dure quelques minutes mais c'est dommage.
Je ne mets plus que des pantalons, parce que c'est plus pratique. Je ne sais plus marcher avec des talons (déjà que les poignées de la poussette sont basses, je ne vais pas aggraver la chose…), donc même quand je sors le soir je n'en mets plus. Je ne mets pas de vernis parce que j'ai les mains dans l'eau toute la journée (ça devient moins vrai au fur et à mesure que les enfants grandissent). Elles sont rêches et rouges. Je me maquille à peine. Je finis par ressembler à un sac et je bave de jalousie devant les femmes d'affaires que je croise par hasard de temps en temps. Elles ont l'air tellement fortes, tellement sexy en tailleur avec leurs escarpins. Les miens moisissent dans mon armoire. Moi je suis transparente. De toutes façons je ne peux pas aller chez le coiffeur ou faire du shopping tranquillement. J'achète dans les commerces de proximité.
J'emmène les enfants partout. Une visite de routine chez le gynécologue devient épique avec 2 petits curieux qui touchent à tout et posent des tas de questions. Je n'ai pas essayé le coiffeur ou l'esthéticienne. Bien sûr, il reste le samedi. Mais avouez que c'est dommage.
Les courses sont aussi toute une aventure. Quand il s'agit de petites courses, pas de problème. La poussette contient plus que mes bras et l'aîné se cramponne à la poussette. Aucune chance de la perdre. Mais j'ai parfois du mal à tourner dans les rayons exigus…J'ai un empattement assez large. A gauche le panier rouge accroché en biais à la poignée de la poussette, au milieu la poussette et à droite l'autre enfant qui tient. Un vrai attelage !
Pour le gros plein, c'est plus compliqué. Aucune configuration n'est vraiment satisfaisante. Le bébé de 8 kilos dans le porte bébé ventral, et l'autre dans le caddie en train de sucer l'immonde machin rouge qui sert à rattacher le caddie sus-nommé, ou, un peu plus tard, le plus petit dans le caddie suçant le toujours immonde machin rouge et le plus grand courant dans les rayons de l'hyper à la poursuite du géant vert, très peu pour moi. Le plus petit dans le maxi cosy en équilibre au bout du chariot et l'autre dans le siège du chariot, ce n'est pas mieux. Mon caddie pèse déjà 25 kilos de plus qu'un vide, et il n'y a malheureusement plus beaucoup de place pour le remplir. De toutes façons, les enfants aiment bien faire les courses pendant le premier quart d'heure. Après ils trouvent des trucs pour nous embêter (je veux plus marcher, je suis fatigué, je veux ça, je veux faire pipi) et ça devient l'enfer pour tout le monde. J'ai donné, et j'ai fini par aller faire mes courses le samedi avec les autres, celles qui travaillent !
Mes enfants ne voient que moi, je suis leur modèle. Je dois être forte et juste. Ils jouent au parc mais ne connaissent jamais bien ces enfants en cagoule et anorak qui jouent dans le sable et leur piquent leur seau la plupart du temps.
Je ne sais pas ce que doit savoir-faire ou ne pas faire un enfant de cet âge. Pour moi il est normal que le mien ne sache pas encore s'habiller, mais j'aurai du déjà lui apprendre. Les autres savent. Zut.
Avec deux enfants (18 mois et 4 ans) et un mari, au cours d'une semaine, je prépare et gère 86 repas, même si c'est simple, les ingrédients n'arrivent pas tout seuls dans le frigo ou sur la table. Les plats et les biberons ne passent pas au lave vaisselle. Quand le bébé a juste quelques mois, on passe à 56 biberons par semaine rien que pour lui.
Je prends 7 douches et je donne 14 bains. Je fais au moins 4 lessives. Je change au moins 35 couches. Je fais 2 ou 3 fois les courses. J'habille 14 fois, je déshabille autant. Et le reste du temps je fais la police…je surveille. J'écoute. Un couinement ? Qui se réveille déjà ?
Un pleur ? Est-ce grave ou pas ? Est ce que ça vaut la peine de se déplacer. Je me déplace quand même au cas où. Plus un bruit pendant 1 minute ? Pas normal, je vais voir. La plupart du temps mes inquiétudes étaient fondées. Une bêtise était en train de prendre forme. Je répare la bêtise.
Je donne tout à mes enfants, et deviens par voie de conséquence exigeante avec eux. Je ne supporte pas quand mes filles sont désagréables avec moi et se jettent dans les bras du chevalier blanc, le sauveur, le père, qui rentre du travail. Je leur demande autant que je leur donne. Je ne leur permets pas de me refuser un baiser ou un câlin. Œdipe ou pas Œdipe.
Je réalise avec horreur que je ne prends même plus le temps de jouer vraiment, longtemps. Je joue par bribes de 10 minutes. Comme je ne culpabilise pas puisque je suis là, je remets le jeu à plus tard parce que j'ai toujours autre chose de commencé quelque part.
En société, on me demande ce que je fais. Je dévoile mon congé parental. Oui mais avant, vous faisiez quoi ? Voilà, je n'existe pas vraiment, je ne suis rien. Je suis en stand by, portée par mon passé et un avenir encore loin, incertain. Même moi, qui pourtant suis une femme, je me souviens avoir pensé ça de femmes au foyer. C'était des feignantes, des incapables. Et maintenant elles voulaient travailler ? Et bien il fallait y penser avant. Maintenant elles étaient dépassées. Voilà, c'est ça, je suis à mon tour dépassée, déconnectée. Les semaines passent et se ressemblent. Seul le week-end vient rythmer mon exil, puisque j'ai une bouche de plus à nourrir et les enfants me lâchent un peu.
La vie entière du foyer tient au salaire de mon mari. Pas de sécurité, et, par les temps qui courent, de la haute voltige sans filet.
J'entends des choses innommables « tu n'as pas fait ça ? Mais pourtant tu as le temps, tu exagères vraiment. Tu fous rien de la journée et t'as pas pu faire ça. Franchement… ». Tout le monde (ceux qui n'ont jamais vécu ça) croit que je suis oisive et passive. Il est de bon ton de dire en public que c'est super, courageux et fatigant, mais au fond d'eux (sauf ceux qui l'ont déjà vécu) ils pensent que non…et que j'ai bien de la chance d'avoir du temps à moi.
J'hésite, j'hésite…
La solution est peut-être le travail à mi-temps. Quand on donnera des vrais postes intéressants aux femmes à mi-temps !
Je dirai néanmoins que pour les enfants, les papas, les grands-mères, une maman qui ne travaille pas est mieux.
Et pour la maman, ça va si ce n'est pas trop long. Un congé parental de 3 ans, ça va. L'épanouissement ne passe pas forcément par les enfants. Et si une maman épanouie en valait deux ?
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| Présentation |  Créé en mars 2006
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(revues à la baisse par mongenie qui ne calcule plus comme avant...)
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NOUVEAU
A propos du BEST OF et des POLEMIQUES marquantes ou sanglantes, (si vous ne devez lire que ceux là...), j'ai créé une catégorie spéciale que vous trouverez un peu plus bas dans "mes catégories". Les 5 "best of" de Mongenie étant un peu restrictifs pour moi...
De même, n'oubliez de répondre aux sondages.
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Bonjour à tous,
J'ai la trentaine entamée, je travaille à Paris, j'habite dans le neuf-deux (Pas à Neuilly...). J'ai 2 petites filles adorables, un mari macho et fier de l'être (mais qui n'aime pas qu'on le dise), et plusieurs chats cinglés + quelques puces qui vont avec. Passionnée par Internet et la communication, le blog est une évidence pour moi, un défouloir devenu indispensable, même si j'ai longuement attendu avant de le créer.
Je n'écrirai sans doute pas tous les jours, mais si certaines choses m'ont fait sourire, m'ont révoltée, fait rire ou pleurer, je les immortaliserai sans hésiter.
A bientôt, donc, chers lecteurs, et ne soyez pas choqués, c'est un espace de liberté !
Je serai ravie de lire et publier vos commentaires. Si ce sont des messages "privés", vous pouvez me le préciser dans le commentaire et je ne le publierai pas, ou m'envoyer un mail en cliquant ci dessous. Mais je préfère l'espace public.
Flo
(un bouton vous permet de voir tous les articles écrits depuis le début : articles précédents. En fin de chaque page ou choix par date)
Ce blog a eu plusieurs noms successifs :
Réactions diverses sur la vie, parfois politiquement incorrect, de tout sur tout sans langue de bois, mon défouloir et le petit dernier...sans filtre.
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| commentaire(s) | Et oui... Philippe (27/08/2008 20:41)JOYEUX ANNIVERSAIRE ... |
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