Ce matin, comme beaucoup d'entre vous, je me suis levée plus tôt. J'ai eu peur de ne pas avoir de train (peut-on faire confiance aux prévisions ? Finalement oui dans mon cas mais on a toujours un doute). Puis, le voyant arriver, de ne pas parvenir à rentrer dedans.
Comme souvent le 1er jour de grève, les "gens" avaient pris leurs précautions. Une bonne partie n'était pas allée travailler, et j'ai voyagé assise...
A la gare, un stand CGT distribuait des jus d'orange, des ballons rouges CGT (super !!!), des freesbees CGT (la honte sur la plage...) et des cgtistes armés d'une caméra et d'un gros projecteur interrogeaient des voyageurs sur la durée d'attente de leur moyen de transport favoris. Je les ai haïs au premier regard, tellement ils avaient l'air de nous considérer comme des singes en cages et de se moquer de nos gesticulations inutiles.
(PS : J'ai appris par le biais du journal La Croix qui s'est fait avoir aussi que c'était des comédiens... qui se moquaient un peu plus de la CGT que de nous. Bien joué !)
C'est vrai qu'il est tellement plus confortable pour eux de continuer comme avant, de faire subventionner leur système déficitaire de 5 milliards d'euros par an par nous, les privés.
Je les comprends. Quand on est égoïste, manipulé par des syndicats qui jouent leur survie et qu'on ne voit pas plus loin que le bout de son nez, on doit certainement penser comme ça.
Bref...
Ce soir, je suis aussi partie plus tôt. le grumeau qui attendait devant les voies m'a fait frémir. Je me suis faufilée par derrière et me suis retourvée devant. Oui, il y a des moments où pensant à mes petits qui m'attendaient, j'ai opté pour le "chacun pour soi".
Quand mon train a été annoncé, j'étais pile poil devant la voie, donc parmi les précurseurs de la marée humaine montante.
OK.
Cool.
A la deuxième gare, arrêt. Puis arrêt trop long et suspect. Extension des moteurs et de la lumière. Là, ça pue, me suis-je dit en mon for intérieur...
ça a duré. 15 minutes ?
Si ça ne repart pas, je peux rentrer à pieds. 3 km. Pas la mort.
Micro " le train est retenu à quai".
OK.
Jusque là, j'avais observé aussi.
Puis il nous annonce une avarie technique.
C'est bien notre veine ça ! On arrive à se trouver un bon train assis et chauffé, et il est cassé ???? Ouinnnn !!!!!!
Puis, lumière.
Soupir de soulagement et rangement des portables d'une bonne moitié des voisins de train.
Re attente...
Puis micro, texto : "Notre train peut repartir. Pour votre information une personne était montée sur le toit de la locomotive pour la saboter, tout simplement".
Je vous jure, tout le monde a rigolé, tellement c'était absurdement réel, tristement ridicule et terriblement méprisable.
Demain, on recommence !
Au passage, chapeau et merci aux non grévistes qui bravent les regards et intimidations.
Et un point positif : grace à la grève, je vais réduire mon stock de "matin Plus" et "direct soir".... ou au moins ne pas le faire grossir ! |