Désolée, je cours beaucoup ces jours ci et je vous promets des articles écrits personnellement dans quelques semaines (après mes vacances et ces satanées élections)...
En attendant, voici un article du 20 minutes, encore, long mais intéressant. Pour ceux qui hésitent.
Le député (UMP) Marc-Philippe Daubresse, ancien ministre du Logement et longtemps centriste, détaille les points communs entre Nicolas Sarkozy et François Bayrou. Le député européen (PS) Pierre Moscovici, ancien ministre des Affaires européennes, répond en parallèle.
Qu’est-ce qui rapproche le programme de François Bayrou de votre candidat ?
Marc-Philippe Daubresse : Beaucoup de points. La remise en cause des 35 heures tout d’abord : pour cela, Bayrou propose une prime de 35% pour les heures supplémentaires. Comme nous, il est favorable à des mesures qui favorisent l’entreprise, comme le montre sa proposition de pouvoir embaucher deux CDI dont les charges sont limitées à 10%. L’UMP veut elle aussi alléger les cotisations sociales. Sur le logement, il veut supprimer, comme nous, les cautions et les dépôts de garantie pour les locataires. Il est aussi pour la réforme des régimes spéciaux et la possibilité de travailler plus longtemps grâce à la mise en œuvre d’une retraite à la carte. Enfin, il est vigilant au poids de la dette, comme le souhaite l’UMP. Pierre Moscovici : Tout d’abord, la réorganisation institutionnelle. Les deux veulent une VIème République, le non-cumul des mandats, l’instauration d’une dose de proportionnelle aux législatives alors que Sarkozy est d’un classicisme absolu. Sur l’Europe, ils veulent une Europe politique et intégrée alors que l’UMP est pour une mini-Europe avec un petit traité. Ils sont enfin beaucoup plus fidèles à l’esprit du pacte écologique de Nicolas Hulot.
Quelles sont les principales différences entre le programme de l’UDF et celui de votre candidat ?
M-P D : Sur l’immigration, Bayrou est favorable au co-développement avec les pays pauvres alors que Sarkozy est pour une immigration choisie. Sur la sécurité, l’UDF ne propose que des mesures ponctuelles comme un guichet unique ouvert 24 heures sur 24 alors que l’UMP veut la réforme de l’ordonnance de 1945 sur les mineurs et l’instauration de peines planchers. Bayrou veut le statu quo de l’école de l’égalité des chances alors que Sarkozy souhaite une école du mérite. Il veut une VIème République quand Sarkozy est attachée à la Vème. Enfin, il veut un référendum sur un nouveau traité européen quand l’UMP privilégie de passer par le Parlement. PM : Bayrou est social-libéral, Royal n’est pas centriste. Elle insiste sur la lutte contre les inégalités, s’oppose aux délocalisations et reste fidèle aux 35 heures même si elle souhaite les aménager.
Quelles valeurs partagent François Bayrou et votre candidat ?
M-P D : La République fraternelle qui est au cœur du projet de Jean-Louis Borloo, le ministre de la cohésion sociale. Le travail également qui est la valeur prioritaire de Nicolas Sarkozy. La responsabilité et la justice plutôt que la solidarité et l’assistanat. PM : Ils ont une vision ouverte du monde beaucoup plus proche que Sarkozy qui veut ériger une société fermée, autoritaire, aux accents xénophobes. Bayrou et Royal veulent apaiser les Français, les rassembler. Contre l’alliance qui se dessine entre la droite et l’extrême droite – sur le modèle de Berlusconi – il faut une alliance de la gauche et du centre-gauche.
Quel message lancez-vous aux électeurs centristes ?
M-P D : J’ai été centriste pendant plus de 20 ans. L’humanisme a toujours été au cœur du discours de cette famille politique. Les centristes doivent donc apporter leur cœur et le combiner à l’énergie de Sarkozy. PM : Nous devons réfléchir à ce qui nous rassemble tout en respectant l’identité de chacun. En conscience, vous ne pouvez pas voter pour un Sarkozy, déporté largement sur sa droite.
Quels points du projet de votre candidat vous paraît non-négociable ?
M-P D : Il n’y a pas de négociations entre les Etats-majors des partis. Sarkozy s’adresse directement aux électeurs centristes. PM : Il n’y a pas de négociations. Si elles ont lieu d’être, ce sera lors des législatives.
Quelles personnalités UDF pourraient rejoindre un gouvernement dirigé par votre candidat et à quels postes ?
M-P D : Il faut un gouvernement qui reflète la diversité de la société française et qui intègre des centristes ralliés avant le premier tour, dans l’entre-deux tour et après le second tour. MP : Ce n’est pas à l’ordre du jour. Ce n’est pas dans l’esprit ni de Royal ni de Bayrou de penser à un tel gouvernement dans l’entre-deux tour. Ségolène Royal préparera les législatives sur la base de la majorité présidentielle.
Propos recueillis par Alexandre Sulzer
20Minutes.fr, éditions du 24/04/2007 - 17h43
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