Il arrive parfois de drôles de choses. Outre le fait que j'ai rencontré en vacances une copine d'enfance perdue de vue depuis 20 ans, il m'est arrivé récemment un truc presque bizarre.
En sortant un soir du boulot et pour me rendre sur les champs Elysées au cinéma, je me suis trouvée dans le métro juste derrière un Homme en joli costume, impeccablement coupé, chaussures bien nettes, carrure intéressante, port de tête style « je sais que je suis beau ».
C'est en le détaillant que j'ai vu sur son épaule une énorme goutte d'eau, posée là, et ne voulant ni pénétrer dans le tissu, ni glisser en avant ou arrière. Elle était là, elle se trouvait bien là, elle voyait bien ce qui se passait et profitait du panorama. Il faut quand même ajouter qu'il avait plu dehors. C'était donc sans aucun doute une goutte de pluie, elles ont généralement un caractère mieux trempé que les autres, les postillons et éclaboussures diverses.
J'en étais là dans mon délire, totalement hypnotisée par la goutte et fixant l'homme de dos, pensant à ce que je pourrais écrire dans mon blog sur les gens qui se croient impec et qu'un détail vient contrarier, lorsque je suis arrivée à ma station.
L'Homme est descendu aussi, a marché devant moi puis nous nous sommes séparés car il prenait la direction opposée à la mienne. La goutte était toujours là.
C'est alors que j'ai vu l'Homme, réaliser soudain qu'il s'était trompé, revenir sur ses pas et prendre la même direction que moi. Jusque là, rien de très étonnant.
Une fois sur le quai il est parti à gauche, emmenant sa goutte, et moi à droite. Quelques secondes avant l'arrivée du métro, il est revenu vers le milieu du quai, et moi de même car j'avais réalisé que ma sortie se trouvait au milieu.
C'est alors que, une fois de plus, nous nous trouvons tous les 3 côte à côte dans le wagon : Lui, sa goutte et moi. Et bien entendu, nous sommes descendus, sans nous adresser un regard de plus, à la même station. Nos chemins se sont séparés à ce moment. J'avoue que j'étais un peu déçue de m'être fait « un film » à ce point. Il n'y a en effet rien d'extraordinaire à faire le trajet en même temps que quelqu'un qui a pris la pluie puis le métro à Saint Lazare pour se rendre à Franklin Roosevelt à la même heure.
OK.
Je suis donc allée au cinéma avec mon mari, et je n'ai bien sûr rien raconté puisqu'il n'y avait rien à raconter... Et j'ai complètement oublié cette histoire de goutte.
En sortant du cinéma environ 2h plus tard, nous avons erré quelques minutes en nous demandant où nous pourrions aller dîner ce soir là, avec l'envie de changer un peu des éternels Sushis que j'adore.
Profitant du choix immense qu'offre de quartier, nous avons donc opté pour un restau branché, où, ce qui ne gâche rien, on mange bien.
Bien installée dans ma banquette, nous commençons à discuter du film et de choses et d'autres. Après la prise de commande, mon cher et tendre s'éclipse quelques instants pour répondre à l'appel de la nature, je laisse mon regard vagabonder, en l'attendant, transie d'amour. Ou peut-être était-ce le froid ? Possible, car ceux qui ont vécu ce mois d'août 2006 à Paris en savent quelque chose...
Bref. Mon regard se pose finalement droit devant moi, soit juste derrière la place que mon mari aurait du occuper. Et là....
Vous avez déjà deviné....
Une silhouette familière, de profil. A un mètre de moi. Comme je suis aussi physionomiste qu'une rape à fromage, j'ai douté un instant.
Puis je l'ai vue.
Sa veste était posée précautionneusement sur l'accoudoir.
Sur l'épaule, j'ai aperçu une petite auréole sombre.....
C'est dingue quand même non ???????
Il a tourné la tête un instant, m'a vue et j'ai vu quelque chose dans ses yeux. Du genre « tiens, je la connais elle, mais d'où ? », puis il a détourné le regard.
Moi, je savais.... |